#27 - Dia duit (épisode 15)

 

    Dia duit, Hi all, Hallo, Bonjour à tous




Mercredi 31 aout ( ça y est terminé pour ce mois-ci) 234 kms température mini 16° maxi 21°

 

Ce doit être la bouffe épicée d’hier mais je suis chauffé au gaz, il y a une condensation dans la tente de ouf.

Le beau temps a l’air de se maintenir, mais la fraîcheur est là et je sens tout de même que mon duvet a terminé ses meilleures années. Il va être temps de penser à son remplacement, car sans avoir froid il faut reconnaître que ses performances d’antan sont maintenant à reléguer au rayon des souvenirs. D’ailleurs il faut avouer que le matos commence à marquer le pas après pratiquement 4 mois d’utilisation intensive.

 Certains tee-shirts ne rentreront pas au pays. Mes gants d’été ressemblent plus maintenant à des mitaines mitées. Les bottes moto pourtant quasi neuves au départ ne demandent qu’à aller voir un cordonnier car la semelle n’en a plus que le nom. Le casque après de nombreuses gamelles de la selle de la moto avoue lui aussi qu’il ferait bien une pause, quant à la visière anti buée c’est maintenant une visière anti rien du tout. Je ne parle pas de la veste et du pantalon de moto que j’ai renoncé à laver régulièrement car plus aucun savon ne parvient à lui redonner une allure correcte. Je vais essayer l’acide sulfurique!

Pour le reste nous avons de temps à autre fait quelques achats pour remplacer chaussettes, tee-shirts, caleçons qui eux aussi avaient « déposé le bilan ». Heureusement le nécessaire de couture a réussi parfois un sauvetage in extremis.

Heu pourquoi je parle de fringues moi ? ah oui pour dire que comme nous elles sont fatiguées.

 Si si, restons dans les fringues. La rentrée scolaire a également sonnée pour les écoliers irlandais. Nous croisons donc des mômes en costume cravate et chaussures de ville ainsi que des filles en blazer jupe plissée et collant opaque. Tout le monde pareil, je dois dire que ça classe pas mal. Je n’ose imaginer la même chose chez nous. Les gilets jaunes :  c’est un scandale, c’est une atteinte à nos libertés individuelles, mais que fait la police, vite allons faire une manif ; ha y pleut , bah non on verra plus tard.

 Croissants sous plastique presque mangeables et jus d’orange qui pour une fois ne te crame pas la trachée artère. Nous allons dire que la journée commence assez bien, d’autant plus que notre but est à une portée de lance-pierre.

En effet Belfast se situe à 140 kms. Pour rappel nous avons RDV demain pour le changement de pneus et le surlendemain pour prendre le bateau direction l’Ecosse.

Le début de la route n’est pas folichon comme la veille, mais Alex maitre de la topo décide de nous faire prendre le chemin des écoliers et nous allons pouvoir user nos derniers morceaux de pneus sur les petites routes de la campagne Irlandaise. La magie opère à nouveau et nous traversons des paysages qui respirent la tranquillité. Pour un peu tu te mettrais bien au point mort moteur coupé dans les descentes pour savourer davantage. Je sens que je vais finir Hermite sans doute mon prénom qui me prédestine à ça (bon d’accord je sors).

 Comme à l’accoutumée le « point campement » permet  de faire une pause et c’est le Old Dunndonald à 15 Kms de Belfast qui fera l’affaire. Dernier virage, le portail est en vue, Mais mais mais, personne pas de guérite de réception, que dalle. Ce sont les nouveaux campings à la mode en Irlande, tu réserves sur internet qui te donne un code d’accès pour le portail, les douches et chiottes etc etc.

Totalement inhumain, mais bon il parait que c’est le progrès. Après avoir bataillé avec le site de réservation Alex réussit enfin à obtenir un code d’accès (Une bonne demie heure). Et bah devine Evelyne !!! Le code ne fonctionne pas. Encore une demie heure à se demander si on découpe le portail au chalumeau ou si on fout une grenade dans la serrure. Un client qui lui a le code se pointe et nous profitons de cette aubaine pour nous faufiler. En même temps nous sommes dans la légalité car le code ne fonctionne pas certes mais le fric a déjà été encaissé. Maintenant que tu es dedans bah c’est bien, mais comment tu fais pour en ressortir, bande de gros malins.

Encore une fois la chance nous sourit car en revenant vers ce maudit portail nous voyons une autre personne qui elle aussi est en perdition. L’avantage qu’elle a sur nous c’est qu’elle parle parfaitement anglais et qu’elle se trouve avec la hot line du camping. Nous profitons donc courtoisement de son téléphone pour solutionner notre problème. Ouf.

Petite douche et petite lessive pour nous remettre de nos émotions.

les gars sont déjà prêts à repartir sur Belfast. En ce qui me concerne, j’ai une putain de flemme  et comme vous avez pu le deviner les villes me gavent un maximum. Bon d’accord c’est Belfast mais nous allons y passer la journée de demain donc y a pas mort d’homme. Le taxi emmène les deux « gonzes » en ville.

 Je profite de ce temps d’oisiveté et je me tape une deuxième tournée de lessive, la relecture et la mise en page de l’épisode 14 et la rédaction de la journée que je vais terminer dans quelques secondes. Il fait nuit je commence à cailler. Je ne suis pas prêt de dormir car l’autoroute qui est collée au terrain ne va à mon avis pas nous laisser de répit. Les boules Quies et le sweet autour de la tête vont sans doute atténuer ce bordel.

 A demain la Biz


 

Jeudi 1er septembre (c’est le mois de la rentrée , pour nous aussi) 17 kms Température mini 14° maxi 22°

 Même pas entendu les gars rentrer après minuit. Je dois avouer que le duo tee-shirt autour de la tête et boules Quies est assez efficace. Visiblement ils n’ont pas été emballés plus que ça par Belfast by night. Tous les restaurants ferment tôt et les boutiques aussi, c’est donc une ville morte. De mon côté je me suis fait un petit resto indien à proximité du campement tout à fait honorable mais encore une fois sacrément épicé.

 Pas de déj ce matin, nous avons RDV avec FAST FIT pour faire changer nos pneus et enfin retrouver une certaine sérénité.

A peine 7 kms plus tard nous voici devant le magasin. Les pneus sont bien là et le boss Irlandais nous attend de pied ferme. Je vous passe le message de bienvenue, je n’ai absolument rien compris. Mathieu m’avait prévenu : l’accent Irlandais ? tu ne vas rien piger. Quoi qu’il en soit le gars est super pro et en deux temps trois mouvements les motos sont déjà en mains. Le boss :come back in an hour and a half and they will be ready. Nous : its possible to have a breakfast proxility ? Le boss  : yes go to the docks.

Nous voici donc en route sur les quais ensoleillés, oui oui, où le Subway local nous fournira de quoi patienter le temps nécessaire.

 Retour aux meules et délestage de 270 livres (oui, là-bas la queusse n’a pas cours)

Que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie ( cf Gilbert Becaud) et bien par exemple visiter le Musée TITANIC qui se trouve à quelques centaines de mètres, car oui mes amis Belfast a été le plus grand chantier maritime du monde et c’est donc là que le TITANIC est né. Placez ça dans une conversation vous allez prendre 10 points. Le musée est gigantesque et bien organisé, comme quoi on peut faire pas mal de thunes avec une catastrophe qui même si ce n’est pas la plus terrible (il y a eu pire en nombre de victimes) reste celle qui sera imprimée à jamais dans la mémoire collective.

L’audio guide est bien utile (en français évidement, il y avait une option chinois mais c’était trop facile).

Cette visite est à faire si vous passez dans le coin, ou plutôt si vous vous y perdez, car à mon sens c’est la seule curiosité de cette ville (encore une fois c’est très personnel). Quoi qu’il en soit la visite est vraiment très instructive car au-delà de la construction de cet immense bateau, le guide raconte la vie des gens à cette époque et croyez-moi, ce n’était pas la « fête du slip ».

A cette époque les concepteurs savaient que pour tant de mètres de bateau construits il y aurait X morts. Bah tant pis. C’est à nouveau la loi des 5 C : C’est Con mais C’est Comme Ça.

 Les gars travaillaient dans des conditions extrêmes soit dans les soutes soit à des hauteurs vertigineuses. Ça me rappelle un peu les conditions des mineurs de sel en Pologne. Tu n’étais jamais certain de rentrer chez toi le soir. Quoi qu’il en soit cette visite explique en détail la construction de ce monstre qui devait être insubmersible. Voici donc les pêchés d’orgueil  et de vanité, quand l’homme veut se confronter aux éléments et bah il est certain de perdre à tous les coups (la bonne en tendeurs salut). Deux ans pour construire ce bâtiment et deux heures pour le couler et emmener au fond 1500 personnes .

La visite de la ville continue tout de même par un autre point incontournable : LE MUR DE LA PAIX. Une succession de fresques assez jolies avec au final un énorme portail qui permet de boucler les deux parties de la ville en cas de « chicore » et on sent bien qu’ils ne sont pas vraiment copains et comme dans beaucoup d’endroits au monde il ne suffirait pas de grand-chose pour que tout flambe à nouveau.

 L’heure du fish and chips a sonné ? non ce midi nous sommes raisonnables ce sera une salade !!! avec un fish and chips… Ho damned, les gars ont des envies de « boutiquages » et dire que je refuse de faire ça avec ma nana. Je déteste piétiner de magasin en magasin à la recherche de je ne sais quoi, je ne sais où. Mais bon il faut bien faire des efforts. Alex Profite également de passer chez le merlan pour faire disparaitre ses rouflaquettes de portugais et c’est une bonne idée car j’ai le loisir de poser mes fesses sur un fauteuil confortable pour admirer le virtuose de la tondeuse  débroussailler notre contemporain.

 Retour au campement dans les embouteillages. Ça y est j’ai ma dose de ville et de bruit. Alex et Malik veulent poser leurs « glingues » aux tentes et repartir diner en ville. Heu pour moi « Fume c’est du Belge » la moto ne bougera plus d’un centimètre ce soir.

L’heure tourne et je sens la motivation du duo pour reprendre la moto fondre comme neige au soleil. C’est donc à proximité de notre campement que nous irons diner et à pieds. L’endroit est plutôt sympa et la musique « écoutable ». Allez, il va falloir penser à plier les gaules car demain nous prenons le bateau. Hé oui encore, pour l’antépénultième fois afin de rejoindre l’Ecosse.






 A demain la Biz


Vendredi 2 septembre 334 Kms température mini 16° maxi 22°

 Sans vraiment s’affoler, nous avons tout notre temps, nous terminons les préparatifs pour prendre la direction de l’embarcadère. Il est 9 h et le départ est prévu à 11h30. Il faut tout de même compter le temps de route pour se rendre sur place, le délai pour embarquer et une marge de sécurité en cas de crevaison ou autre. Un crachin nous tient compagnie pour nos derniers kilomètres en Irlande. Nous évitons les bouchons des gens qui partent au boulot (hé oui y’en a qui bossent !!!)

Après quelques hésitations nous arrivons à trouver le quai d’embarquement et pour le coup nous sommes vachement en avance et les seuls motards. Il est loin le temps de l’île de Man et ses cohortes de bikers.

Pour la première fois nous allons poireauter un certain temps avant que les portes du bateau ne s’abaissent. La pluie a cessé et comme tout bon voyageur au long cours, nous prenons notre mal en patience. Moi qui suis d’un naturel impatient, j’ai appris avec ce voyage à relativiser certaines situations.

Ça y est nous sommes à nouveau à bord avec la compagnie STENA LINE qui a sans doute le monopole des transports maritime sur tout le nord de la planète. Nous sommes certains qu’avec le pognon que nous leur avons donné et bien la moitié du bateau nous appartient, d’ailleurs c’est bien simple le commandant nous appelle par nos prénoms et est limite de nous « claquer la bise » Le capitaine : Salut les couillus ça biche ? toujours au taquet ? Nous : ouaip ma poule ça baigne mais fait chauffer ton bouzin, on n’a pas que ça à faire.

 1 Netflix et demi plus tard nous sommes sur les côtes d’Ecosse.

 Vous avez sans doute remarqué que dès que j’aborde un nouveau pays je suis assez critique et je n’arrive pas à me mettre dans le bain de suite. Et bien pour le coup ce n’est pas le cas avec l’Ecosse. Dès que la cale du bateau a laissé voir le jour, j’ai senti que ça partait bien. Certes le temps est très gris mais il ne pleut pas ce qui est déjà un exploit là bas. La température est de 20° ce qui explique peut-être en partie le bon feeling.

 Immédiatement les paysages sont au rdv. Routes viroleuses, moyenne montagne couverte de sapins et ruisseaux tumultueux. L’étape programmée par Lorenzo  est très importante et il est déjà 14h. Nous décidons donc de n’en faire qu’une partie, quitte à « scrapper » le prochain jour de repos. De toute façon nous sommes quoi qu’il arrive fatigués et pour la lessive nous en faisons un peu chaque soir. Nous roulons donc tout l’après-midi dans un paysage formidable et nous en oublions même l’heure du repas, ou tout du moins la pause pour avaler une barre de céréales.

 Les kilomètres défilent, il est temps de penser à poser les gaules et c’est là que ça se complique. Premier camping? bah non, fallait réserver via un site. Bon bah le prochain se situe à 60 kms. Pas le choix allez Go, par contre la montre joue contre nous. Deuxième camping, même motif, même punition. Ho fait C..r. Pour le coup nous sommes au milieu de rien et le problème du diner vient se rajouter à celui du coucher. Une petite dame qui passe par là : Bonjour Mdame, savez-vous si il y a une ville à proximité. La petite dame qui passe : bah oui il y a Dunoon à environ 30kms. Ho !!! ras le bol des kilomètres. Allez encore un effort.

 Nous trouvons enfin une gargote à la nuit tombée, ça fera bien la rue Michel. Par contre pour le coucher, ça pue du C.l. Nous envisageons de coucher à la  « sauvage ». Dernier essai avec notre copain « Booking ». Il y a bien une chambre à 12 minutes de notre resto. Nous réservons donc.

 Décidément ce n’est pas notre soirée (sans doute la fatigue). Les douze minutes oui mais à condition de prendre un bac, sinon il faut faire 500 kms. Notre voisin de table : Vous voulez prendre le bac ? mais ce n’est pas possible, il a été supprimé. Ho les boulets !!! Bon bah c’est mort ce soir ce sera à l’hôtel des courants d’air. En même temps il y a eu une merde sur la réservation et visiblement elle n’a pas fonctionné.

 Alex tente un autre essai sur un hôtel à proximité, mais un poil plus cher. Nous sommes sauvés, et c’est donc bien au chaud dans un lit douillet que je tape ces derniers mots en entendant le vent souffler au dehors. Je vais donc profiter de ce moment car à partir de demain la météo prévoit 3 jours de flotte.

 L’Ecosse semble assez compliquée à gérer, il va falloir que nous nous organisions. Terminé de « débouler » à l’arrache en espérant que ça passe. La patrie de Sean Connery (le seul et unique vrai James Bond et ne me parlez des autres mickey qui ont essayé d’endosser le costume de 007) va nous réserver des surprises.

 Nota : j’ai appris que Sean Connery avait à une certaine époque épousé la fabuleuse chanteuse Aretha Franklin  du coup elle s’était appelé : Aretha Connery.


A demain la Biz

 Samedi 3 septembre 339 kms température mini 17,5° maxi 22,5°

 

Il a vasé toute la nuit et le vent souffle. Je jette un œil à travers la fenêtre de la chambre. Ouh !!! comme diraient certains : Ça pue du C.l. bah quand il faut y aller il faut y aller. Les ablutions et l’habillage se font vraiment sans entrain. Bonne nouvelle tout de même, il fait 17,5 ° donc plutôt acceptable dans ces contrées.

 Notre copain SUBWAY nous attend pour le petit dej « cookies, café noir, et jus d’orange » pris sur la selle de la moto car pas de salle pour se restaurer. Bah oui il faut se faire aux standards du pays. Nous avons la vue sur la mer et ça, ça vaut 10.

Allez Go avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. Il est noir mais noir, d’une noirceur noire. Le vent reprend de plus belle mais il est tiède et c’est toujours ça de pris. Nous longeons la mer. Le paysage ressemble un peu à l’Islande avec une chaleur relative en plus. Les montagnes noires plongent dans la mer et les bourrasques tentent désespérément de nous faire augmenter nos scores à « roulé-boulé le pachyderme », mais nous tenons bon.

 Evidemment avec le soleil ce serait un plus, mais je dois avouer que ce côté sombre donne une ambiance particulière. La mer est recouverte d’une couche de brume et je ne serais pas étonné de voir un monstre sortir de ces eaux ténébreuses. Difficile d’éviter les répétitions pour décrire ces paysages. j’ai les yeux en ébullition. Je me concentre et essaye de faire le point et le tri dans tous les paysages que j’ai eu la chance de voir en presque 4 mois.

Le Connemara a chaud aux fesses pour conserver sa place sur le podium. Je ne suis pas loin de rajouter une marche de 1er et demi pour l’Ecosse.

Franchement c’est une tuerie et pour couronner le tout les écossais sont des gens adorables. Ils nous abordent curieux avec toujours un petit mot gentil. Pour exemple cette petite dame qui m’accoste sur le parking d’une supérette.

La petit dame : Where are you come from ?  France chère petite madame.  Et elle me raconte que son père a été tué pendant le débarquement et qu’elle porte la France dans son cœur. Au revoir petite madame.

L’écosse, moi je valide.


Parenthèse :

 Un matin dieu se lève du bon pied et dit : j’ai une patate d’enfer aujourd’hui, je vais faire un truc bien. Il se roule un petit bedo, s’ouvre une bouteille de blanc puis une bouteille de rouge et se lâche pour créer un nouveau pays. Comme tous les artistes « déglingués » il accouche d’une merveille, L’Ecosse. Epuisé et franchement au bout de sa vie, il sombre dans un profond sommeil bien calé contre un douillet nuage. Au réveil, une fois que les piverts ont fini de lui résonner dans le crâne, il se rend compte du super boulot qu'il a fait, c’est magnifique. Tout y est, les couleurs, les rivières et fleuves, la montagne, la végétation, etc, etc...

 Dieu : Ha merde, j’ai un peu trop chargé sur le projet, les autres pays vont être  jaloux, ça va encore créer des tensions. Je vais donc mettre quelques handicaps sur ce nouveau pays pour rétablir un certain équilibre. Bon déjà il va y faire un temps de merde, ensuite les hommes devront porter des jupes pour avoir froid aux roubignoles.

Nous arrivons juste à temps pour rater le Ferry qui doit nous emmener vers L’ile de Skye qui d’après les rumeurs est le petit plus du bon dieu juste avant de s’endormir. Une petite heure d’attente toujours sous un ciel menaçant permet de croquer un hot-dog moutarde Ketchup. Le bateau est déjà là pour nous emmener sur une traversée de 30 minutes. Nous restons sur le pont car le vent toujours présent est tout à fait supportable. Avec le bonnet, veste et pantalon de moto, les gants et le tour de cou!

 Ça y est l’ile est à nous et franchement c’est aussi beau que dans les films. Nous nous régalons et jouons avec les nuages toujours aussi menaçants mais qui à part quelques gouttes éparses nous laisseront tranquille jusqu’à l’arrivée au campement qui se situe à la pointe de l’île. Il est comme toujours très roots et est occupé en majorité par des ouvriers qui travaillent à l’amélioration du port.

 La tente est vite plantée (mon record 7 minutes) car les premières gouttes commencent à tomber. Le restaurant accolé d’où j’écris est très typique, tout le monde se connait, la bière et le whisky coulent à flot et le ton monte car visiblement un enterrement de vie de garçon est en cours. J’espère qu’ils ont l’alcool festif car ce sont de sacrées bestioles et mes gendres et mon beau fils n’auront pas le temps de venir pour me sortir d’un éventuel mauvais pas. Je pense que ça ne va pas tarder à chanter ou à dégueuler, voire les deux. Nous attendons sagement notre fish and chips car le restaurant arrête de servir à 20 h.

Ce sera tout pour cette journée

 A Demain La Biz


Dimanche 4 septembre ( une personne que je connais bien m’a dit : le compte à rebours a commencé) 439 kms température mini 17° maxi 22

 

Le vent a continué à souffler méchamment cette nuit accompagné d’une copieuse pluie. Fort heureusement celle-ci s’est arrêtée pour laisser sa place à Eole qui a pour le coup séché nos tentes. Petit déjeuner pris dans la « caillante ». C’est certain, nous n’allons pas traîner.

Le ciel est très menaçant et j’ai bien peur que la « drache » ne nous surprenne en plein rangement, je me hâte donc au maximum. Ouf ca y est, l’intégrité de mes effets est préservée. Ce matin pas de période de « chauffe » nous attaquons immédiatement par une route que je classerais entre le chemin vicinal et la très très petite route nationale de chez nous. C’est simple, à deux véhicules tu ne passes pas d’où d’innombrables mini espaces sur le côté pour laisser passer les véhicules qui viennent en face, la dénommée Passing Place. Heureusement le conducteur écossais est prudent et de surcroit très respectueux. Je n’ose imaginer la même chose en France, ce serait au plus « couillu » de foncer pour arriver le premier et ne pas laisser passer le voisin.

Ce tracé ondule et virole dans tous les sens, c’est assez sympa de rouler là-dessus. Nous grimpons légèrement pour pouvoir admirer en contrebas les falaises et la plage. Le soleil n’est pas au RDV mais il ne pleut pas, il faut tout de même rester vigilant car la route est détrempée.

Ce paysage continue à m’enchanter.

Imaginez l'immensité de la lande écossaise battue par le vent avec au loin les montagnes presque sinistres et tellement impressionnantes. On imagine que c’est le tombeau des vaillants guerriers écossais morts en combattant pour protéger leur souveraineté. Pourquoi le glorieux Wallace ne surgirait-il pas la Claymore (GLOSSAIRE Enorme épée typiquement Ecossaise) au poing sur un air de cornemuse. Hou !!! j’ai des frissons rien que d’y penser.

J’adore ce pays et je le place sur la première marche de mon podium reléguant le Connemara à la seconde place. Je l’aime car il parait indompté, comme résistant à jamais contre les éléments, la pluie, le vent et ses voisins envahissants. J’aime ses habitants qui lors de nos contacts ont toujours été charmants.

La journée a été un enchantement d’un bout à l’autre, que du bonheur, avec à chaque virage ou à chaque lac ou ruisseau l’envie de t’arrêter pour bien imprimer ce que je ne reverrai pas de sitôt.

14h22 le 4 septembre 2022, je roule à allure réduite en surveillant le tableau de bord de la moto. Le compteur affiche 29 999 kms, dans quelques secondes j’aurai franchi la barre des 30 000 kms depuis le départ. Les dernières centaines de mètres défilent lentement. Je veux ABSOLUMENT voir le 30 000 arriver et je veux me souvenir exactement de l’endroit où ça va se produire. Pourvu que ce soit un coin magnifique. Bingo, juste sur ma droite, un petit lac à l’eau limpide, sur ses berges des bouquets de bruyères mélangés à d’autres fleurs oranges et jaunes que je ne connais pas. C’est l’endroit idéal, je suis presque à l’arrêt et hop le 30 000 apparaît.

Je sais c’est con, mais pour moi c’est un symbole. Je pense : je suis là, au milieu de nulle part dans un endroit tellement beau que ton cœur pourrait exploser et dans une semaine jour pour jour, heure pour heure, minute pour minute, tu seras à la maison et à 14h22 tu regarderas ta montre.

 Les kilomètres commencent à s’entasser au-delà du raisonnable, nous sommes à plus de 300 kms (bien trop pour une journée). Evidemment nous sommes sortis de l’ile de Skye par un superbe pont. Exit le bateau. Le but est de rejoindre la « PLAGE » au bout du bout de l’écosse qui d’après Lorenzo est un endroit à ne pas rater. Il avait même programmé un camping à proximité le petit malin. Il reste encore 100 kms avant d’y arriver mais la route est tellement splendide que nous ne voyons pas le temps passer.

 Au bout de ce paysage sans fin, elle est là, en contrebas du campement. C’est somptueux. Elle est là avec son sable blanc, ses rochers noirs éparses, son ressac (que j’entends encore de la tente à l’instant où je tape ces mots) et toujours cette lande à n’en plus finir. Vite un air de Cornemuse SVP.

 Le plantage de tente se fera à la vitesse de la lumière car le responsable du camping nous informe que l’unique restaurant situé à environ 2 kms ferme ses portes à 19h30 à la grande déception de Malik. Mais bon ici c’est comme ça que ça se passe alors ne tardons pas car le fish and chips n’attend pas. Pour moi ce sera un chili ce soir avec presque un litre de cidre. (Je sens qu’il va y avoir des coupures dans ma nuit). Il est maintenant 22H (c’est une heure tardive pour ici) Le Pilou Pilou attend son maitre  je vais donc allez le rejoindre.



 A Demain La Biz

 Lundi 5 septembre ( 4 mois jour pour jour que j’ai quitté la maison et dernier lundi dehors) 249 kms température mini 17° maxi 23°

 Bon, ce matin ça va être sport, il y a un vent à arracher les toiles de tentes. Il va falloir être prudent. Ho !! bah non, il pleut maintenant, bon pas beaucoup mais assez pour te faire chier. Par contre, chose improbable, au bout du bout de l’Ecosse là où la terre s’arrête, il y a un petit boui-boui avec pains au chocolat et pas chocolatines (c’est marqué sur le paquet), jus d’orange tout à fait correct et un petit café qui se respecte.

 Ça bruine, mais rien de méchant (0,5 sur l’échelle de la drache). L’Ecosse confirme sa splendeur et sa première place sur mon podium. C’est certain, je veux y revenir avec mon « California Volkswagen » Glossaire : le meilleur mini bus du monde. Oui j’ai pris la décision en rentrant, je vends la voiture et j’ achète ce véhicule. Le plus dur va être de convaincre Sylvie ma compagne de venir avec moi. Les routes sont truffées de ce genre de véhicule, c’est l’idéal, tu t’arrêtes où tu veux quand tu veux. Si il pleut tu peux rester au sec. Le Bonheur au paradis.

Oui le paradis, ne cherchez plus, c’est ici. Nous longeons le littoral sur les routes 838 et 836 pour ceux qui connaissent. A droite la mer et ses falaises et à gauche la montagne. Cette mini route n’est pas très large et encore une fois il faut faire preuve de courtoisie. J’ai l’impression que ce pays est immense tellement la perspective est impressionnante. Le paysage change sans arrêt. La terre se bat avec la mer pour lui voler quelques parcelles. Dans les criques les amoncellements d’algues peuvent faire penser que la terre a gagnée !!! mais pour combien de temps ?

La végétation est assez rase avec en grande majorité de la bruyère, ce qui fait comme un linceul  mauve sur ces paysages vallonnés. Bien sûr, j’aimerais voir pointer le soleil, mais visiblement ce n’est pas au programme de la journée, même si au loin j’aperçois comme une trouée bleue. Elle me rappelle une lithographie que j’ai à la maison de F. Clarck qui représente un Spitfire. (Glossaire : avion Anglais mythique de la seconde guerre mondiale) qui sort de cette tache bleue sans doute pour se jeter dans l’enfer des combats sur les côtes françaises (oui je sais j’ai pas mal d’imagination).


 Bon, moi je ne peux plus décrire ce que je vois car j’ai bien trop de larmes dans les yeux, alors venez voir ce qu’il y a de mieux en Europe. Toute cette journée sera à classer dans la rubrique « Mes plus beaux souvenirs ». Je roule le plus lentement possible pour gober le moindre morceau de paysage et je sens bien que ça agace Alex qui lui est plus pour le principe je roule à vitesse soutenue, je m’arrête, je prends une photo et ainsi de suite. En ce qui me concerne je sais très bien qu’une fois rentré je ne regarderai les photos qu’une ou deux fois avec la famille et après ça restera au placard.

Je préfère rester assis sur ce rail de sécurité rouillé à contempler la moindre parcelle de ce tableau vivant.

Par pitié venez voir. 

Décision est prise d’aller visiter une distillerie. Bah oui l’Ecosse, le whisky, quand même ça vous parle ?

Le projet Glenfiddich est abandonné ,parce que fermé le lundi et mardi, au profit de la distillerie de Dalwhinnie. Mais pas de bol Anatole la visite n’est pas disponible à l’instant T.

Nous trouvons un camping à proximité. Il est tôt et nous nous posons la question de savoir si il faut chercher mieux ailleurs car celui-ci est certes très joli avec de grandes étendues gazonnées en bordure de rivière mais niveau dépendances ce n’est pas là gloire. La concierge étant dans l’escalier (c’est-à-dire personne à l’accueil) avec juste un panneau pour préciser qu’il ne prend que du cash. Nous décidons d’aller voir la ville la plus proche pour savoir comme chaque soir où nous allons pouvoir diner car encore une fois le repas de midi est passé à la trappe. Ah oui le cash. Premier distributeur venu, Alex béquille la moto sur un trottoir qui à première vue n’a pas l’air méchant mais la suite va prouver le contraire.

 En effet en remontant sur sa meule, il tire un poil trop fort sur le guidon et voici que la moto tombe de toute sa hauteur et de celle du trottoir ce qui fait un sacré barouf. Alex tente bien de la retenir, mais ne s’appelant pas Sylvester Stallone, il lâche rapidement l’affaire pour regarder avec effroi sa moto se prendre un énorme gadin. Forcément dans ce cas-là, pas de moquerie, car ça peut t’arriver dans la seconde d’après, mais un élan de solidarité bien nécessaire pour relever les 300 kgs de la moto.

L’inquiétude est tout de même visible sur le visage de notre contemporain car dès les premiers tours de roues la meule affiche un certain strabisme.

 Alex : heu les gars la meule elle ne roule pas droit.

Bah ça c’est ballot. Les diagnostics vont bon train : T’as ton guidon qui est tordu, t’as les T de fourche desserrés etc etc . Au retour au camping, Alex remettra de l’ordre à tout ça car visiblement rien de bien méchant. La suite de la route donnera son verdict. Restez à l’antenne. Évidemment il n’échappe pas au point supplémentaire à «Roulé-boulé le pachyderme ».

 Alex 6

Lorenzo 2

Malik 2

Bernard 1

 Retour au camping pour le classique « douche, lessive, connexion », enfin si on veut car ce radin de patron de camping a fait en sorte que toutes les prises de courant ne soient pas accessibles et ce trou du cul patrouille sans cesse dans le camping avec son gros 4X4  comme un garde chiourme. Ce sera donc l’exception Ecossaise, un vrai con. Nous faisons également connaissance avec les fameuses petites mouches Ecossaises. C’est pire que les moustiques, ça te rentre dans les oreilles, le nez et le reste si tu es à poil. C’est minuscule, tu ne peux pas les choper et ça pique de partout. Seul avantage ça ne fait pas de démangeaison. C’est hyper pénible.

Le rdv pour la visite de la distillerie a été pris  pour demain 11h. C’est parfait, ça va me laisser une matinée off. Sans doute une petit balade à pieds dans la campagne. Oui parce que la visite d’une distillerie, pour reprendre la formule consacrée, comment dire, je m’.. b .. l.. c…..s. Autant une fabrique de shamallows ou de M&MS je veux bien, mais alors la « babasse » même pas en rêve. Le routier de la petite ville voisine fera bien l’affaire pour ce soir, il permettra de recharger les batteries des ordinateurs et autres téléphones.

Nos trois motos entourées de multiples camions sera la dernière vision de ce soir.

Retour à la base et Dodo.

 A Demain La Bise.


 Mardi 6 septembre 173 kms  Température mini 17° maxi 18°

 Ce matin, ça flâne. Le rdv distillerie est à 11 heures, juste le temps de prendre le petit déjeuner sous de timides rayons du soleil qui ne va pas tarder à perdre la vue à cause de vilains nuages noirs qui pointent leurs sales trognes. Heu je serais vous les gars je commencerais à plier les gaules. Bah trop tard, ça y est ça dégringole et mes deux cocos qui plient à la « va comme j’te pousse » tout le matos sous une pluie assez soutenue. Bon, moi j’ai le temps, je me réfugie sous le auvent de ma guitoune pour entendre une drache de 4 sur 10 sur l’échelle, rincer mes compagnons.

Du coup je vais me refaire un petit roupillon en attendant que la météo soit plus clémente. Et bien voilà, il suffisait de patienter. Un bon coup de serviette sur la toile de tente, un petit coup de vent là dessus et « emballé c’est pesé ». J’ai rendez-vous avec les gars vers 13h ce qui me permet d’aller prendre les petits chemins de traverse pour m’imprégner davantage de ce pays magique.

Je m’enfonce dans les petits sentiers forestiers où pour le coup tu n’as pas intérêt à croiser un véhicule, car même avec de la courtoisie tu te retrouves avec une obligation de faire marche arrière. Pas d’ours ni de cerf en vue et pourtant l’endroit me semble propice. Je vais donc me contenter de prendre mon dessert avant l’heure en me gavant de mûres toujours aussi nombreuses et délicieuses.

Alex et Malik sortent de la distillerie avec un petit échantillon de produit alcoolisé. Le temps de caler tout ça dans les bagages et nous voici reparti pour une petite étape de 173 kms afin d’atteindre les faubourgs d’Edimbourg.

A peine le contact mis qu’une pluie soutenue nous accompagne pendant la quasi-totalité du trajet.

 Edimbourg avec son camping à proximité (12 kms) et sa navette pour se rendre au centre-ville. A peine arrivé qu’un escogriffe nous tombe dessus en vociférant : Allez-vous en, nous ne voulons pas de BMW chez nous !!!  Et il part dans un grand éclat de rire.

Ce jeune gars est super sympa et la conversation s’engage sur le thème de la moto et des voyages bien sûr. Il est forcément fana de motos de marques anglaises et nous retrouvons grâce à ses yeux lorsque Alex lui dira qu’à nous deux, nous avons eu pas moins de 6 Triumph. Ouf, il ne nous fera pas sauter la tête à l’aide de sa Claymore.

Vous êtes de brave gars, je ne vais vous compter qu’une tente au lieu de deux. Les Ecossais je vous dis, des mecs biens. Nous avons au cours de ce voyage expérimenté toutes sortes de plantages de tente, mais ce soir nous innovons par un plantage sous une grosse pluie, et il n’y a pas pire.

Tu ne sais pas où mettre tes fringues vu que la tente n’est pas encore montée, tes affaires de moto (casque et compagnie) se retrouvent sous la flotte, tes lunettes sont pleines de buée, tes sardines qui glissent entre tes mains.

Merde, ton duvet qui est à moitié sorti du sac et qui commence à se tremper et ce tapis de sol qui ressemble à une serpillère, Ho putaingggg. N’oublions pas que la tente des gars a déjà été pliée trempée ce matin. Plus rien n’est sec. Tu te ressaisis tout de même, maintenant abrité par ton auvent, et tu essayes de retrouver une logique de fonctionnement parmi tes fringues trempées. Calme, Caaaaaalme. Voilà on va faire au mieux, tu te détends et pour se faire tu commences ta gym de relaxation pour détendre tes muscles endoloris. La pluie tambourine de plus belle et chacun sous sa tente attend que l’un ou l’autre prenne une décision. Ne l’oublions pas, le but est d’aller visiter Edimbourg.

 Bon les gars il faut y aller, et c’est couvert de nos Ponchos, monsieur Houille ( cf les visiteurs) que nous traversons le camping qui s’est transformé en Marigot pour rejoindre l’accueil et prendre connaissance auprès de notre copain motard des formalités pour se rendre au centre-ville.

 Bon les gars c’est 12 livres pour vous trois, j’appelle la navette il vient de suite par contre il ne prend que du cash. Nous : Heu bah on n’a pas de cash Lui : Ho les boulets !!! allez venez on va faire une carte bleue et je vous donne du fric, mais ne le dîtes pas à mon boss.

 Nous voici dans la navette avec un brave Ecossais qui n’arrête pas de jacter en pensant que nous comprenons tout ce qu’il dit. Quand nous saisissons un mot dans la phrase nous opinons du chef et ni vu ni connu j’tembrouille, nous passons pour des cadors. Il nous dépose près d’un Pub pensant que la seule distraction des petits « frenchies, c’est d’aller se pinter.

Il pleut toujours à torrent, et la visite de la ville s’annonce bien mal. Nous faisons un peu de shopping autant pour trouver le fameux Sticker Ecossais à coller sur les valises, que pour éviter de finir noyés sous ce déluge incessant. Visiblement la solution du Pub est la bonne et c’est là que nous échouerons pour passer le temps et laisser cette flotte se calmer.

Un répit permettra tout de même de flâner dans les rues pour découvrir des monuments assez étonnants et je dirais même lugubres, ambiance sans doute accentuée par ce ciel qui ne demande qu’à se déchirer à nouveau. Je pense tout de même qu’une visite de cette ville doit valoir le coup à condition d’avoir un énorme parapluie et des bottes en caoutchouc. Un restaurant indien nous accueille pour la soirée.

Le Uber tombe à point pour nous ramener en deux temps trois mouvements vers notre campement suintant. Allez bonne nuit et virez-moi ces poissons rouges au fond de mon duvet !!!

 A demain La Biz.

 

 Mercredi 7 septembre 445 kms Température mini 14° maxi 24,5°

 Vu la clarté qu’il y a à l’intérieur de ma tente, je pense que le soleil est présent ce matin, je ne tarde pas à jaillir de mon duvet et mettre toutes les fringues possibles et imaginables au soleil afin de faire au mieux  pour ne pas replier des trucs qui commencent à « sentir la bouche de vieille ». Pas de petit déjeuner ce matin, nous ne sommes pas là pour rigoler.

Les vacances de 4 mois sont quasi terminées et nous rentrons à la maison.  La descente plein sud commence maintenant.

Nous devons rallier le port de Hull en Grande Bretagne. Le départ du bateau est à 20h30 mais si nous pouvons y arriver avant histoire de prendre possession de nos cabines, prendre une douche et se changer, et bien ce ne sera pas du luxe.

Alex toujours inquiet : j’espère que quand nous arriverons là-bas la ville sera toujours là !!! ha bon pourquoi cette inquiétude ? Alex : bah tu imagines si il manque Hull !!!!. Celle-là ne pouvait pas lui échapper pour ceux qui connaissent le personnage. Quoi qu’il en soit Alex est pour le coup vraiment inquiet car le « roulé-boulé le pachyderme » de la veille a tout de même eu un impact sur sa moto et visiblement elle ne roule pas droit.

Nous aurons donc droit à un desserrage resserrage des T de fourche à chaque arrêt, mais comme dit Malik : Le mieux est l’ennemi du bien, alors arrête de trifouiller ta moto, elle roule alors c’est bien le principal. La route n’a aucun intérêt et nous égrenons les kilomètres le plus vite possible afin de rejoindre le bateau. Pour une fois le temps sera clément, mais la route humide laisse imaginer que certains orages ont dû nous précéder.

Malgré les bouchons de fin de journée nous arrivons assez vite à l’entrée du bateau où l’embarquement se fait très en avance et c’est tant mieux. Perception des cabines, douche, changement de vêtements et direction le bar pour attendre sereinement l’heure du diner que nous avons réservé.

Ce Ferry est encore plus grand que celui qui nous a conduit en Islande. Il y a même un mini théâtre, des salles de jeux, des machines à sous et des écrans géants où sont bien sûr retransmis des matchs de foot.

Le restaurant ouvre et pour le coup c’est gargantuesque. J’aimerais avoir deux estomacs pour avoir le plaisir de tout goûter. Nous nous régalons. C’est sur cette note de plaisir que je fais un petit détour sur le pont pour voir le bateau s’éloigner du port sous un orage et des éclairs. Je termine ces quelques lignes sur la couchette en attendant le débarquement de demain à Rotterdam et l’étape marathon de presque 700 kms pour rejoindre Dijon qui sera notre avant dernière étape, pour terminer à Barcelonnette le jour d’après.

A demain la Biz

 Jeudi 8 septembre 720 kms température mini 17° maxi 24°

 Charmante petite musique pour le réveil de ce matin. La mer a été calme et seul le ronron du moteur à peine perceptible m’a bercé toute la nuit. Petite douche où tu as le rideau qui te colle à la peau (je déteste ça). Le Buffet du petit déjeuner est comme hier gargantuesque. Je le prendrai seul, les gars m’ont oublié. Ça y est tout le monde est agglutiné près des portes qui mènent aux soutes. Alex accoudé près de moi au bastingage : Je ne sais pas ce que j’ai, je suis en transpiration , il fait super chaud non ?  Non pas plus que ça. Il couve une crève depuis quelques jours et ce matin il n’a pas son teint de jeune fille.

Ça y est le départ est donné et chacun fait au mieux pour refaire son paquot et désentraver sa moto. Il fait chaud et il y a une pointe de stress. Ne pas glisser sur les plaques de tôle, ne pas s’accrocher dans les sangles qui dépassent. Contact et bim notre bon Alex se ramasse avec fracas, il vient d’avoir une absence sans doute son coup chaud. Il est complètement groggy et transpire de ouf.

Immédiatement une cohorte de personnes vient nous donner un coup de main pour relever la moto et notamment le propriétaire d’une magnifique Ferrari qui a frôlé la catastrophe. En effet Alex est tombé à quelques centimètres de la fabuleuse voiture et son guidon aurait pu faire une superbe entrée d’air sur la portière de la voiture. 

« Roulé-boulé le pachyderme » :

 Alex 7

Lorenzo2

Malik 2

Bernard 1

 Houlà, il va falloir sortir vite fait de cet endroit pour qu’il puisse reprendre de l’air.

Nous ne sommes pas sorti d’affaire car un contrôle de passeport effectué par un douanier zélé va nous faire poireauter encore un bout de temps. Ça y est la route est à nous et pour un sacré de bout de temps.

L’étape de la journée sera la plus longue du périple, plus de 700 kms avec la traversée de 4 pays. Hollande, Belgique, Luxembourg et France. Rien à dire sur cette énorme étape. Nous allons prendre deux trois giboulées  force 10 sur l’échelle  de la drache. Alex : c’est bizarre, en France les gouttes d’eau sont plus grosses !!! Le mal au cul se fait un tout petit peu sentir mais sans plus. Notre « fessard » est maintenant en peau de crocodile.

Dijon est normalement notre étape de la journée, nous cherchons donc un camping assez proche de la ville et ce n’est pas une bonne idée. Dijon c’est 72 345 feux tricolores. A mon avis le maire est maqué avec la DDE . Tout ça pour se trouver devant un camping qui affiche complet, Grrrrrr.

 Nous échouons donc dans un camping au milieu des vignes. Nous traversons des lieux aux noms évocateurs : Nuit-Saint-Georges, Gevrey-Chambertin, Clos Vougeot, etc, etc...  Je suis en admiration devant ces vignes qui s’étendent à l’infini.

Les tentes plantées, nous retournons à Nuit St Georges pour nous faire un restaurant avec enfin une cuisine digne de nos références.

C’est un pur régal. Escargots de Bourgogne, pièce du boucher, Bœuf Bourguignon, Jambon grillé sauce moutarde etc etc.

Il faut absolument effacer ces 4 mois de Fish and chips, pizzas, burgers et autres kebabs. Nous terminons sur une tarte chaude aux pommes. Yessssssssssssss.

Retour au camping de nuit ou nous retrouvons une spécialité bien française : Les routes gravillonnées. Que l’on pende avec ses boyaux, l’abruti qui a mis ce « casse gueule en place » (sans doute un énarque)

 Demain direction Barcelonnette pour le Clap final.

 A demain La biz.

 

Vendredi 9 septembre  456 kms température mini 17° maxi 24,5°.

 C’est triste un camping qui ferme. Oui nous sommes sur le dernier jour de ce petit lieu de villégiature et une fois que nous aurons franchi la barrière et bien ce sera terminé. la saison estivale aura pris fin et ce camping s’endormira pour plusieurs mois.

Je déteste cette période de rentrée des classes, même si je ne suis plus concerné depuis longtemps par ce sujet, je déteste cette période de reprise de boulot, même si là aussi je ne suis plus concerné.

C’est l’époque où les marronniers lâchent leurs fruits, bref ça sent le début de l’automne et je trouve cette période morose.

Quoi qu’il en soit je remballe mon paquot pour la dernière fois.

En effet  je range pour environ la centième fois cette tente qui m’a si bien protégé et ce matin j’y mets un soin tout particulier alors que dès mon arrivée à la maison le nettoyage complet de tous mes effets est déjà programmé. Un léger vent et un léger soleil m’accompagnent.

 Nous prenons la route pour notre dernière étape afin de rejoindre Barcelonnette.

Nous traversons les vignes de grands crus où s’affairent déjà les vendangeurs.

L’autoroute nous emmène direction Grenoble via Lyon et pour le coup il nous tarde d’arriver à destination car même si l’amoncèlement de kilomètres se passe relativement bien, il n’y a rien de folichon à se « coller » à 130 kmh et attendre que le temps passe.

Je gardais un mauvais souvenir de l’arrivée sur Grenoble qui dans mes souvenirs était en perpétuel travaux. Et bien non c’est passé comme une lettre à la poste et enfin les routes sinueuses pointent leurs nez, ça sent bon la montagne. Droit devant nous les falaises infranchissables du Vercors.

 Barcelonnette est enfin à proximité, où nous retrouvons Lorenzo qui a fait le trajet de Nîmes pour profiter de cette fin de voyage ainsi que de Bruno notre invité surprise du début de road Trip. La multitude de moto de toutes sortes qui nous doublent est un indice évident, nous approchons du but.

Alpe Aventure Motofestival  est notre but final. En effet dès le début de ce road-trip, nous avions convenu avec le directeur de la concession Bmw de Nîmes que nous terminerions notre périple là-bas. Patrick Gras, puisque c’est de lui dont nous parlons est bien au RDV avec une vingtaine de ses clients 

L’accueil est chaleureux et nous sommes ravis de le retrouver. La tournée générale qu’il nous offre est la bienvenue. En compagnie de toute son armada nous évoquons déjà certains de nos souvenirs. Les questions fusent et c’est toujours avec plaisir que nous y répondons. Sans se prendre pour des vedettes nous avons notre petite heure de gloire.

Nous avons réussi. Quasi 50 pays traversés, 32 000 kms et 4 mois dehors, sans être dans le Guinness des records, nous avons tout de même fait un sacré bout de route.

 Nos motos sont garées en épis avec des milliers d’autres dont 80 % de BMW GS. Et pourtant, et pourtant c’est bien la mienne qui attire l’attention de deux journalistes de MOTO MAGAZINE. Qui visiblement argumentent pendant qu’un cameraman film le colonel Hathi.

Moi : Heu, bonjour messieurs a qui avez-vous demandé l’autorisation pour filmer ma meule ? Je déconne. 

Eux : Ha elle est à vous cette moto? Nous faisons une étude sur les BMW GS suréquipés et attribuons une note sur 10 sur notre GSmètre: Nous cherchons le GS le plus équipé pour le look, mais qui ne roule quasiment pas, pour lui attribuer la plus mauvaise note! Visiblement la vôtre est très équipée, mais est-ce que tout cet équipement sert vraiment, où est-ce de l’esbrouffe? 

Moi : Sachez chers messieurs que vous avez devant vous un exemplaire unique. Voyez ici l'équipement le plus sophistiqué: Un tube PVC de Leroy-Merlin pour mettre les démonte-pneus. Et comme vous la voyez, elle revient en direct d’Islande, via le Cap Nord et tous les pays d’Europe.

D’un coup le reportage change de tournure et je dois une nouvelle fois faire le récit de notre aventure mais sous les feux de la rampe ce coup-ci.

Eux : Alors-là, pas le choix c'est un 10/10 et vous n'entrerez donc pas dans notre classement ...

 Malik toujours  friand de figurer sur un reportage essaye subrepticement de passer dans le champ de la caméra. Il se fera donc remarqué ainsi que le paquetage improbable de sa moto et aura droit lui aussi à son petit moment d’interview.

Eux : Ah c'est à toi la moto de manouche!  10/10 aussi, donc pas classé!

Visiblement notre périple ne laisse pas insensible nos journalistes qui nous invitent au plus tôt à nous rendre dans leurs studios de Montreuil afin de nous consacrer une émission sur leur chaîne Youtube.

L’heure tourne et nous avons à nouveau rendez-vous avec Patrick qui aura la gentillesse de nous inviter au restaurant où nous passerons une superbe soirée.

Le programme du lendemain: Retrouver les journalistes afin de les aider à débusquer les « faux baroudeurs », ensuite rdv avec Patrick pour faire le tour des stands et nous terminerons sans doute la journée au stand BMW pour se tester sur des parcours Off Road. Et n’étant jamais à l’abri de surprises ou de rencontres nous ne savons pas si cette journée sera assez longue pour caser tout ce programme.

 Retour au chalet ou nous terminons cette soirée.

 A demain La Biz

 

Samedi 10 septembre 40 kms température mini 17° maxi 24°

 Une journée où tu as l’impression d’être une vedette ça ne doit pas arriver deux fois dans ta vie !!!

Elle commence par un petit déjeuner pris au camping avant de nous rendre à notre RDV avec Patrick.

 En bon organisateur il a prévu un espace spécial à l’intérieur de la manifestation pour que nous puissions garer les motos. La place est de choix, nous sommes au centre de tout et immanquablement les meules crados, flanquées des paquetages et des innombrables autocollants attirent les curieux comme un aimant.

Nous rencontrons un nombre incalculable de personnes intéressées par notre récit que nous débitons à tour de bras, heu de langues.

Impossible d’aller voir d’autres stands. Nous restons collés à nos motos. A peine notre histoire terminée que nous recommençons pour les curieux suivants, mais franchement nous adorons ça.

Nous rencontrons même des motards que nous avons croisés en Espagne et en Norvège! C’est la fête des motards, le ciel est d’un bleu. Nous sommes heureux.

Cerise sur le gâteau, Christian Dessout (Bigoud pour les intimes) un pote de longue date a pris la route depuis Manosque pour venir nous retrouver et ça nous a permis de partager un déjeuner ensemble (à ce propos merci Christian).

Nous profitons de l'après-midi pour aller voir des personnes importantes pour nous.

Des références dans le monde du road-trip et du off-road. Je cite les BLKMK, LOLO COCHET, TOM BARRER, et YANN DUPREY, qui ont tous été adorables en nous consacrant du temps pour échanger.
Nous sommes invités au mois d’avril par Yann que nous connaissons depuis 2 ans lorsqu'il nous a organisé notre stage off-road. Il organise un salon du voyage moto en Bourgogne et il souhaite que nous présentions notre "épopée". Nous allons donc devenir conférenciers...

  Tut tut tut, le téléphone sonne, c’est Patrick qui veut nous voir pour nous présenter quelqu'un. Le Directeur BMW France, un homme charmant qui regrette que nos contacts avec la marque n’aient pas abouti avant notre départ. Nous lui disons tout le bien que nous pensons des GS pour un tel voyage, et sans aucun ennui mécanique. Nous devenons les VIP de la marque et nous sommes traités avec beaucoup d’égards et invités le soir à un brunch quasiment en notre honneur.

 Je ne vous cache pas que nous sommes très émus quand le Directeur France prend la parole pour nous féliciter et nous remercier pour notre présence. Nous sommes applaudis par l’assistance, comme lors de notre départ. Nous ne boudons pas notre fierté.

 Nous sommes de retour au chalet, préparation du dernier repas par Malik : Côtes de boeuf sauce morilles, pommes grenailles, y'a pire! L'apéro est commencé depuis un certain temps et les échanges vont bon train. Le débriefing a commencé et chacun échange déjà sur ses impressions et sur ce que sera demain.

Demain la dernière étape va nous emmener à Draguignan où là encore nos femmes, compagnes, enfants, petits-enfants et amis nous attendent pour une petite fête.

 A demain la Biz

 

Dimanche 12 septembre 164 kms Température 16° Maxi 27°

 Couchés 2h00, levés 7h30, c’est une petite nuit. Sans doute l’envie de rentrer à la maison qui nous a fait sortir des draps. Le soleil est au rdv même si le temps est encore très frais, il est vrai que nous sommes à 1200 mètres d’altitude et forcément ça pique un peu. Dernier paquetage, derniers petits rangements fait dans le calme, un peu la tête dans les nuages.

Difficile de réaliser que dans quelques heures nous serons de retour dans nos foyers. Tous ces sentiments qui se mélangent, La joie, la nostalgie, l’euphorie de la journée d’hier. En clair, c’est le bordel sous mon casque.

Le groupe se sépare, Alex et Laurent vont me suivre sur le chemin de Draguignan où nos petites chéries attendent impatiemment le retour des « aventuriers », 164 kms nous séparent de la maison. La route est encore une fois magnifique et pourtant du paysage à couper le souffle nous en avons dévoré plus que nos cerveaux ne pourront en retenir. Nous nous dirigeons vers le col d’Allos (pour ceux qui connaissent) le décor est sublime. Que la France est belle. Sans doute l’odeur de l’écurie, nous roulons plus vite que d’habitude et les virages s’enchainent, la moto prend de l’angle jusqu’à faire frotter un cale pied. Yessssssssssss le final est à la hauteur de ce voyage, c’est-à-dire fantastique. Nous arrivons dans le Verdon et nous longeons le fameux lac, nous comprenons d’un coup l’intensité de la canicule qui a frappé notre pays et à laquelle nous avons échappé. Le niveau de l’eau n’a jamais été aussi bas.

 Le village de Castellane est traversé en coup de vent. Dernier pipi, dernier arrêt carburant. Le 1630 ème litre de carburant est déversé dans le réservoir. Le panneau indiquant l’entrée de Draguignan est franchi à 12h58 minutes, c’est à peine si je me rappelle le chemin de la maison.

Je tape le code du portail de la résidence et la dernière ligne droite de 100 mètres défile comme au ralenti. Au bout la famille est là, les amis aussi qui agitent un drapeau français. J’ai l’impression de ne pas être dans mon corps. Les téléphones filment pour la postérité ce moment inoubliable.

 Il fait chaud, les motos franchissent les derniers centimètres avant de s’immobiliser sur le Bitume. Ça y est nous l’avons fait, nous sommes de retour après exactement 32 561 kms et 125 jours depuis le départ. Les inquiétudes de nos proches s’envolent en quelques secondes. Je pense à mes enfants qui n’ont pas pu être présents mais qui, les connaissant, ont dû prier chaque jour pour que papa rentre en entier. Que c’est bon de voir tous ces visages amis et aimants. L’étreinte et le baiser de la compagne comme si c’était la première fois, Mon petit-fils que je prends dans mes bras et que je serre presque à l’étouffer.

Vite, retirer ces fringues de moto que nous ne supportons plus et qui pourtant ont été nos meilleures alliées. Elles ont su nous protéger du chaud, du froid, de la pluie, de la neige, de la poussière et heureusement n’ont jamais eu à prouver leur capacité de protection en cas de chute. Vite la douche en plein air pour enlever cette odeur de « voyageur » et retrouver des fringues qui n’ont pas été portées depuis 125 jours.

Le sentiment de ne pas être dans mon corps est encore plus présent, je suis sur un nuage à savourer chaque seconde qui s’écoule. Le champagne est au frais et je suis au paradis.

 Je profite d’un petit moment d’accalmie pour m’éclipser et redescendre au sous-sol où les motos sont garées.

Je vais aujourd’hui trahir un petit secret.

 Chaque matin avant le départ je m’accroupissais près de la moto au niveau du cale pied, comme Valentino Rossi (GLOSSAIRE : Sans doute le meilleur pilote moto de tous les temps) avant chaque course MotoGP.

Je faisais une petite prière. Pour quelqu’un qui ne croit pas en Dieu c’est étonnant, mais je crois en mon ange gardien qui est mon père parti bien trop tôt en lui demandant de nous protéger pour la journée qui va venir et également de protéger les miens, en n’oubliant jamais de glisser un mot d’encouragement à ma moto.

Pourquoi je raconte ça? bah en 125 jours, nous sommes devenus intimes non? alors vous pouvez connaître mon petit secret. Je sais c’est con mais c’est comme ça. Encore cette fameuse loi des 5C. Quoi qu’il en soit mon ange gardien a fait le taf et la moto aussi. j’avais donc envie de venir la voir pour lui dire merci de m’avoir baladé pendant toute cette période sans jamais rechigner, d’avoir bravé toutes ces intempéries et ces potentiels dangers. De n’avoir jamais failli à sa tâche et démarrer chaque matin à la première sollicitation.

Au cours de mon existence j’ai eu pas mal de motos, mais même si pour certain ce n’est qu’un assemblage de tôles et de boulons et bien pour moi elle est devenue autre chose.

Bon je vais arrêter le mélo pour ne pas faire pleurer dans les chaumières.

Ce soir, nous avons dépassé les 10 000 vues sur notre Blog. Évidemment je ne cherche pas à battre des records et le but de ce Blog était au départ d’avoir un lien avec la famille et les amis, mais visiblement ça a pris une ampleur insoupçonnée (l’effet boule de neige). Pour preuve, un couple de personnes rencontré à Barcelonnette à qui je raconte notre histoire pour la énième fois en pensant faire mon effet à propos de notre face à face avec les ours en Roumanie et le mec me dit : Bah oui je sais, je l’ai lu sur votre blog. Ho bah ça alors les bras m’en tombent !!!

 Voilà donc une histoire qui se termine. Aujourd’hui Europa Ti Tour et Europaland meurent, mais ne soyons pas tristes ils ont eu une belle vie.

 Après un repos bien mérité, je ne manquerai pas de faire parler nos motos et de rédiger un épilogue à cette aventure.

Mais avant tout, je tenais à vous remercier d’avoir été assidus à la lecture de notre balade.

Vos commentaires ou réflexions ont toujours été pris en compte et je peux vous assurer que ça a été une grande source de motivation. Je ne vous cache pas que certains soirs, après avoir roulé sous la flotte, avoir eu froid, avoir campé dans un confort plus que relatif, je n’avais qu’une envie c’était de me jeter dans mon duvet. Et pourtant chaque soir j’ai sorti mon ordi pour rester en contact avec vous. Moi qui ai été un élève très médiocre avec une scolarité réduite à son minimum, vous m’avez obligé à faire mes devoirs tous les soirs. A ce propos une petite pensée pour ma prof de français en 5ème Madame Lasry : Delamarre vous avez encore copié sur votre camarade ? cette dissertation n’est pas de vous, vous aurez Zéro. Delamarre vous n’arriverez jamais a rien dans la vie !!! Comme quoi on peut être prof et conne comme une poignée de porte.

 Nota : je compte sur vous pour me submerger de commentaires j’ai besoin de connaitre votre ressenti.

 A bientôt La biz

 Renard des sables

 

 

 Message du correcteur :  

"Bernard, écrire un livre, car on ne va pas en être loin, je dis c'est un métier. Encore Bravo.

Toute cette prose aventureuse me rappelle d'un coup "la carte postale d'un bout du monde " de Fred Tran Duc (Glossaire: journaliste déjanté et voyageur à moto aux longs courts) que publiait Moto Journal il y a fort fort longtemps... Peut-être le patient zéro ?

J'attends donc l'épilogue pour la correction ... Et peut-être le point de vue des pachydermes 😉"

 




Commentaires

  1. Bravo à vous 3 et merci à toi d’avoir partagé votre aventure !
    Ce fut un plaisir de te lire, de rire de ton humour, sans oublier une pointe d’émotion ! Merci cousin
    Edmonde

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  2. coucou ma cousine et bien oui c'est terminé , content de rentrer à la maison ou depuis une semaine, je marche au ralentis en essayant de faire le point sur cette balade merci de nous avoir suivi bisous

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  3. Ton voyage se termine, le mien aussi. La fin est belle, mais triste à mes yeux, après avoir suivi votre parcours durant toute ses semaines je me retrouve avec mon téléphone qui ne me signalera plus tes résumés de la semaine car pour moi c était un grand moment de lire votre aventure. Tu m as fait rêver avec tes récit, tes anecdotes,ton humour c était tellement bien écrit...Mais tellement heureux pour vous de savoir que vous avez vécu des moments qui resterons gravé à jamais dans vos mémoires. Maintenant la vie reprend son cours, en tout cas félicitations pour votre voyage, vous avez été couillus, fallait le faire en un mot RESPECT. Maintenant vas falloir étalé ce récit sur des pages, Merci de nous avoir partagé votre voyage .Encore un grand merci et BRAVO.
    FIFI

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  4. Hello merci pour ton commentaire il fait chaud au cœur. La rédaction de ce petit courrier hebdomadaire a été certains soirs une petite contrainte ,fatigue, froid etc mais je ne regrette pas d'avoir passé du temps a le rédiger et je dois dire que maintenant ça me manque . merci encore d'avoir suivi notre ballade Renard des sables

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  5. Nota: Le récit fait presque 300 pages A4 , je vais voir ce que je peux faire avec ça.

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  6. Un Road Trip de déglingués !
    Une aventure partagée avec des Amis, imagée et vécue. Narrée par toi sandfox! 😉 Avec ta '''Gouaille'' , les glossaire , les références Musicale et cinématographique .
    J'ai pris plaisir à découvrir cet endroit, lire tes récits, ressentir la ''deprime'' de Notaire de ne pouvoir continuer faute de santé suffisante. Les photos sont superbes, il manque celle de père noël Malik rasé en fin de trip ! Bravo et merci a toi pour ces écrits ce temps passé a nous emmener avec vous.
    Alors ces machines, les GS sont donc vraiment le top ? sur le route ou les TT ?

    Tu as maintenant 300 pages A4 a coucher sur papier relié et imagé y a plus qu'à publier !😀😉

    Merci Renard 🦊
    Un p'ti mot...a glisser a un protagoniste...stp.
    Alex regarde tes invitations et messages FB s'il te plaît
    Nonosse
    Bbx 😉

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  7. merci pour ton retour, afin de continuer à alimenter le blog encore quelques temps je travaille sur un épisode qui laisse la parole aux motos elles vont raconter le voyage et certaines anecdotes vues du haut de leurs carénages

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  8. Bravo pour ce voyage ! Vous êtes des champions ! Bravo pour ces récits / j’en ai lu quelques un entre couches et biberons ! A bientôt ! Rhita Da Canal

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  9. Coucou merci pour ce retour. Et oui ça y est nous sommes de retour aux bercails et bien heureux d'avoir fait ce super voyage
    Bises à toutes la petite famille

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  10. Ce fut un réel plaisir de vous lire.
    Le ton était excellent.On avait l impression d y être.
    Hâte de voir Alex pour lui en parler

    Bubu

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  11. ET un réel plaisir d'écrire pour des gens qui ont appréciés un épisode donnant "La parole aux pachydermes" sera disponible d'ici 2 jours maximum

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