#25 - hallo ihr alle (épisode 13)

 

                              hæ allir, hallo ihr alle, hej alle , hoi allemaal




Lundi 15 aout 166 kms température mini 9° maxi 18°

Ma mère a coutume de dire : Après le 15 août le temps se dérègle et c’est reparti pour la pluie. J’espère que c’est vrai pour vous qui manquez d’éléments aqueux, car pour nous le 15 août c’est 5 fois par jour.

 9h et pas un bruit dans la chambrée, serait-ce le contact des draps qui sentent bon la lessive ? ou l’oreiller moelleux ? A moins que ce ne soient les rideaux totalement occultants. Pour le coup, nous ne sommes pas prêts de prendre la route.

Mais l’option d’un petit déjeuner « continental » servi jusqu’à 10 heures incite notre trio à s’extirper du plumard pour fouler la moquette soyeuse de ce palace.

Les baies vitrées de la salle de restaurant nous laissent admirer un temps tout simplement extraordinaire. le ciel bleu tranche sur cette steppe verdoyante. Au loin nous voyons les cimes enneigées. Comme première vision de la journée nous ne pouvons pas espérer mieux.

Le Check-out étant à 11 h, il va tout de même falloir s’activer. L’hôtel est déjà pratiquement vide. Nous sommes avec un couple de japonais les derniers à quitter ce lieu. Le passage obligé à la réception va peut-être ternir notre début de journée.

Oups !!! 460 queusses pour la « bill » ça pique, mais en même temps c’est la deuxième fois en trois mois que nous nous payons un peu de luxe.

 Nous avons bien mangé, super bien dormi, profité du sauna, piqué les petits paquets de sucre dans la chambre alors la vie est belle ? oui elle l’est !!!

 Y caille tout de même. Il faut savoir que la température moyenne de ce pays au mois d’août est de 9 degrés avec des pointes à 13 degrés.  

Le soleil change tout et ça tombe bien car aujourd’hui nous allons vraiment avoir une petite session qui va nous permettre de flâner et de ne rien rater de ce que la côte sud de ce pays nous réserve.

 Il faut tout de même savoir que l’idée de base était de nous rendre au Landmannalaugar lieu mythique de l’Islande s'il en est . Ne sentant cette destination que moyennement pour avoir vu une équipe de motards (les BLKMRKT à voir absolument sur You tube) se ramasser la g….e dans un des nombreux gués. Je propose donc aux garçons de visionner cette vidéo qui a pour effet de refroidir l’assemblée et d’abandonner le projet Landmannalaugar. 

La route fait une délimitation très nette. A droite la pampa et sa végétation rase et d’un vert qui tire clairement sur le vert et de l’autre côté des falaises de pierres volcanique déchiquetées qui pourraient presque faire penser au mont Rushmore aux état unis avec la tête des présidents.

 Au programme, ce seront donc des cascades inimaginables avec la possibilité de passer entre la muraille de flotte et la falaise pour évidemment prendre une douche d’embruns assurée (rappelez-vous, nous sommes maintenant étanches).

Un saut de quelques kilomètres pour voir un glacier qui forcément comme tous les glaciers du monde se réduit comme peau de chagrin et se termine dans un petit lagon où flottent des icebergs.

 Alex propose de faire un peu de piste histoire de découvrir d’autres paysages. Cette balade se termine en cul de sac. Il faut donc compter 40 kms aller et retour.

 Malik : Heu sans moi les gars, il reste 9000 kms à faire et j’ai décidé de rentrer en entier donc allez y pas de soucis je vais bouquiner au soleil en attendant . Bernard : je vais tenter le coup mais si ça devient inintéressant ou trop chaud, je rebrousse chemin moi aussi, j’ai des travaux à faire dans moins d’un mois, Sylvie compte sur moi.

 Cette longue piste se perd à l’infini, elle est plate mais piégeuse car le revêtement est fait de caillasses et comme expliqué auparavant, tu as l’impression de rouler avec des pneus crevés et pour retrouver des sensations de « confiance » il faut prendre une certaine vitesse. Je tente 6 ou 7 kms pas plus , mais je n’ai justement pas la « confiance » et les paroles de prudence de Malik résonnent dans ma tête. Ce serait trop  con de se blesser ou de bousiller la meule dans ce coin perdu car je n’ose même pas imaginer le rapatriement. Allo Laura (ma belle-fille Mondial Assistance) vient me chercher. La piste nous en avons bouffé un bon paquet sans soucis, alors ne tentons pas le diable, donc demi-tour.

Malik fait le lézard au soleil, je vais donc l’imiter et faire le tri de mes photos en attendant le retour d’Alex.

Un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, le voici de retour, lui aussi n’a pas été jusqu’au bout mais à tout de même franchi deux gués tout seul, ce qui n’est pas prudent et a décidé de rentrer lui aussi, sans doute rattrapé par les paroles de sagesse de Malik. 

Prochaine étape, the Black beach. Devinez pourquoi ? L’endroit est magnifique, cette plage est immense et baignée par l’océan atlantique si je ne m’abuse. Des falaises recouvertes de Lichen tranchent avec la noirceur du sable volcanique et la petit touche des cimes enneigées au loin rajoute encore à ce paysage sublime.

On imagine que le jour où le bon dieu s’est fâché il ne devait pas faire bon trainer dans les parages car la roche a été comprimée avec une force infinie ce qui donne l’impression d’un mille feuilles dont les morceaux ne demandent qu’à se détacher.


La journée tire à sa fin, nous sommes sur notre cinquième jour en Islande, encore deux et ce sera le retour au bateau (Blurp)

Vous avez dit recherche de camping ? Mais bien sûr !!! il est l’heure et nous n’avons pas les moyens de nous taper un palace tous les soirs.

La ville de Vik est en approche et un camping assez sympa nous accueille pour un plantage de tente au soleil, celui-ci ne nous a pas quitté de la journée. Petites courses pour les gars (à pieds), petite moue pour Malik insatisfait de ses achats. Ce sera donc poulet pâtes pour ce soir.  En ce qui me concerne ça fera bien l’affaire, du moment que mon estomac est rempli.

Ha oui particularité de ce camping, les douches sont communes. Ça me rappelle l’armée et n’étant pas plus pudique que ça, je m’en amuse mais visiblement ce n’est pas le cas de tout le monde car certains rebroussent chemin et d’autres se douchent habillés...

La salle commune d’où j’écris est complète, je peux même dire que la moindre chaise se négocie au prix de l’or et gare à celui qui n’a pas pris la précaution de poser son manteau dessus pour aller pisser.

La plaque de cuisson est prise d’assaut, heureusement Malik en cuisinier prévoyant à prévu son propre mode de chauffage, car sinon le poulet cru, bof bof.

 Je vois un colosse qui reluque ma place, y croit m’intimider Mister T ?? Regarde mes yeux à moi ? (Nathalie et Cléa comprendrons). Je peux avoir le regard noir malgré mes yeux bleus.

Malik patient attend que les places se libèrent pour pouvoir s’installer. En attendant nous allons nous «  claquer » un apéro, sirop de cassis pour moi, smoothie pour Alex et Malik a tenté une Leffe sans alcool avant de vomir. Il est pas à la fête depuis notre entrée dans les pays scandinaves.

 La foule se dissémine un peu dans cette pièce surpeuplée. Les scandinaves sont maintenant au plumard, il ne reste plus que les latins qui font un raffut du tonnerre. Effectivement, un groupe d’italiens fait monter les décibels, espérons que nous ne sommes pas voisins pour le couché : Hé possible votre ami ne pas regarder par la fenêtre ?  ( cf les bronzés font du ski)

 L’arrivée d’un petit couple de jeunes français essayant de se trouver une place dans tout ce bordel nous incite à partager notre bout de formica avec eux.

Camille et Philippe sont en vacances pour 15 jours en Islande où ils ont loué un 4X4 pour parcourir le pays. Ce sont de vrais « Parigots » du 12 ème arrondissement. Ils naviguent un peu comme nous, de camping en camping avec parfois des couchages dans leur véhicule.

Nous échangeons nos expériences comme d’habitude et ils nous confirment que la traversée des gués est assez sportive même en 4X4, alors je n’ose imaginer avec nos brèles qui pèsent le poids d’un âne mort.

Camille et Philippe ont sans doute l’âge de mes enfants. Cette belle jeunesse fait plaisir à voir. Le regard franc, l’œil pétillant et l’envie de découvrir. Nous les laissons maintenant dévorer leur plat de « Noddles ».

Le soleil est partie faire son dodo du coup il fait maintenant vraiment très froid, le vent de bord de mer te glace les os, nous devons être à 4 ou 5 degrés ressentis, donc "pilou pilou" ce soir.





A demain La Biz

 

Mardi 16 aout 283 kms température mini 9° maxi 18°

 Brrrr Mortel cette nuit, grosse « caillante ». Une fois emmitouflé dans ton duvet, tu n’en sors plus. L’option sonde urinaire a même un moment effleuré mon esprit.

Il m’a semblé entendre de la pluie cette nuit, mais au matin le soleil a déjà réchauffé la tente et cette douce chaleur t’incite enfin tel un papillon à sortir de ta chrysalide.

 Nous sommes voisins avec une famille d’indiens (pas loin d’une dizaine). Ils ont planté leur tente de nuit  et forcément ça se voit au réveil. Les pauvres devaient sans doute avoir acheté leur guitoune la veille car ils avaient encore les cartons d’emballage et à les voir replier le matos et bah ils n’avaient pas « le cul sorti des ronces ». Pour nous, ce ne sera qu’une formalité suivi d’un petit dej avec soleil pleine face. (bah oui , nous avons un métier maintenant).

 La journée commence par du shopping, je sens mes compagnons avides de claquer quelques thunes. Arrêt donc au premier Outlet, pour quérir des chaussettes et bonnets, il me semble. Le plus compliqué est maintenant de faire rentrer ces achats supplémentaires dans les sacoches déjà bondées.

 La côte sud de l’île nous réserve encore de belles surprises. A rajouter aux Steppes mongoles, au « Crumble » etc etc, nous avons découvert d’autres paysages. Afin de vous immerger dans notre univers je vais tenter d’imager au maximum.

Pour ceux qui ont des jardins et ont forcément des taupes et bien imaginez-vous d’énormes monticules de taupes sur une pelouse de centaines de kms carrés. Autre image, prenez un pot de crème fraiche que vous laissez moisir, ça y est vous y êtes? Et bien c’est ça sur également des distances infinies. Certes l’image du pot de crème fraiche moisi n’est pas ragoûtante, mais sur ces étendues gigantesques ça rend un spectacle sublime, comme un manteau de coton verdâtre posée sur la roche.

Au loin les chaines de montagnes qui semblent inaccessibles retiennent des couronnes de nuages. C’est dommage, moi j’aimais bien ce ciel bleu, même si il est plutôt bleu assez pâle.

 La visite des canyons est vertigineuse dans tous les sens du terme. Je pourrais passer des heures à regarder les cascades limpides s’écraser en contrebas. Les couleurs sont exacerbées par ce soleil omniprésent. Quelques kilomètres plus loin c’est le spectacle d’un glacier immaculé qui s’offre à nous, c’est inouï, il n’est qu’à une centaine de mètres de nous, on pourrait presque le toucher, mais le spectacle n’est pas terminé, à quelques encablures c’est maintenant la valse des icebergs qui crève l’écran.

 Je n’avais jamais vu un spectacle pareil. Malheureusement les photos ne rendront jamais la réalité mais elles vous donneront peut être l’envie de venir voir à votre tour. Quelques phoques viennent respirer de temps à autre et leurs fourrure noire tranche avec le bleu de l’eau.

 Nous passons au-dessus d’un pont pour voir ces énormes glaçons quitter le glacier afin de gagner la pleine mer. Nous sommes en plein National Géographic par pitié ne changez pas de chaîne. Sans doute une des plus belles journées passées sur cette île. Il nous reste encore demain avant de quitter ce paradis.

Its time camping !!! Le GPS dit 40 kms il faudra en rajouter 30 de plus car celui indiqué ne correspond pas , il est impossible de planter une tente. Il se trouve à proximité du glacier alors forcément ça ferait tache.

 La pelouse, véritable terrain de golf est un vrai bonheur pour le « plantage », tu enfonces les piquets de tente avec ton petit doigt. Par contre pour faire les courses ce sera macache ce soir, non seulement parce que la cuisine du camping n’est qu’une vue de l’esprit, mais aussi parce que le magasin « Netto » ne propose pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ce sera donc un fish and chips à 20 queusses au restaurant du coin qui fera notre affaire.

 A l’heure où je tape ces mots nous sommes installés dans une espèce de couloir derrière la réception du camping. C’est le seul endroit chauffé et bien sur, tout le monde s’y entasse. Je suis coincé entre une poubelle qui a des relents de Roncevaux (oui d’accord je sors) et les chiottes. Franchement nous sommes à la peine comme trois pauvres SDF, ça fait pitié. Il est déjà loin le temps des peignoirs soyeux et du sauna à gogo. Tiens j’ai déjà des frissons rien que de penser à mon duvet qui doit être glacé.

Pas d’échanges ce soir avec d’éventuels routards, c’est dommage nous avions pris l’habitude. Il y a juste un petit gamin qui avec son père prend un cours de géographie en essayant de deviner la nationalité des drapeaux collés sur les valises. Le petit môme en regardant Malik : Bah pourquoi t’as pas mis le drapeau de la chine ? Malik : Comment te dire, pour l’Asie, nous nous sommes arrêtés en Turquie.

A la relecture je m’aperçois que je n’ai pas été très prolixe et pourtant c’est une journée qui a été tellement riche. Etonnant non ? etonnein nicht ? (cf Pierre Desproge).

 Je ne peux plus reculer l’heure du couché, même si je suis tenté de m’affaler à l’endroit même où je me trouve pour avoir la certitude d’un peu de chaleur mais pour aussi me faire piétiner sans vergogne par de multiples nationalités.

Allez souhaitez moi bon courage.




A demain La bise

 

Mercredi 17 aout 290 kms température mini 7° maxi 11°

 Ça y est des nageoires me sont poussées dans la nuit. Je baigne dans l’humidité. Il doit y avoir un micro climat dans ma tente et il a dû pleuvoir dedans. Je déteste cette impression de moiteur froide. Pas question de se réchauffer avec une douche car il n’y en a que deux pour une centaine de campeurs. Bon, la crasse ça tient chaud et ça rend imperméable, il faut voir le bon côté des choses.

Malgré cela le campement est plutôt sympa avec une vue magnifique sur les montagnes faisant comme un cirque.

 Tranche de vie :  Depuis plusieurs jours nous croisons sur chaque site et chaque camping un italien que j’ai nommé Ilie Nastase. GLOSSAIRE : grand tennisman dans les années 70 ( pas du tout italien d’ailleurs, mais roumain). Ce mec se balade par n’importe quel temps en short moule burnes (propre au tennisman de cette époque) et tee shirt également moulant, voir torse nu (il est dingue) avec  des Nike de l’époque et socquettes super remontées. Il se la pète méchamment et ça nous fait bien rigoler.

 Ce matin nous le retrouvons au camping où il fait sa gonflette aux yeux de la gent féminine espérant sans doute garnir son duvet avec autre chose qu’un rouleau de sopalin. Jusque-là rien de bien méchant, mais ce gros porc après avoir avalé une banane lascivement (il doit marcher à voile et à vapeur) balance la peau négligemment qui vient se ficher sur les taillis longeant un emplacement.

  Moi: Ho Man !!! the trash is just here. Ilies Nastase: No problem it's natural. Moi: Off course, but you find beautiful in the landscape ? Ilies Nastase : Ho sorry sir.   Yes mon premier coup de gueule en anglais .

Ha non j’ai allumé une nana hier soir qui faisait tourner son diesel non-stop car elle avait froid la pauvre chérie. Au-delà du bruit, tu as des émanations de diesel direct dans ta tente. C’est moi ou c’était la journée des gros porcs ? Non mais des fois.

Le début de la journée commence sous un temps sec mais diablement frisquet avec un vent qui accentue cette ambiance glaciale.

Alex a prévenu : Aujourd’hui nous roulons, il n’y a rien de particulier à voir et nous devons nous rapprocher le plus possible du camping près de l’embarquement pour notre retour au Danemark. Nous allons donc rouler toute la journée sur une route de littoral avec des paysages toujours aussi spectaculaires. La seule différence c’est qu’aujourd’hui tout est gris. La route, le ciel, les nuages et les montagnes. Malgré tout, ce décor reste inédit et nous continuons à en prendre plein les yeux. Il faut en profiter car demain il sera trop tard. Un petit crochet sera tout de même effectué pour se rendre dans un petit village au nom imprononçable qui fut un port d’attache réputé pour les navires français qui venaient pécher dans ces eaux hostiles à partir du 16 ème siècle jusqu’en 1930. 5000 de ces marins ne revirent jamais la mère patrie. Imaginez le climat, les conditions de pèche de l’époque et tout le reste !!!

 Nous nous sommes rendus sur un petit cimetière proche de la mer où 49 croix avec des noms bien français sont plantées sur ce sol caillouteux. Un joli drapeau français flotte à proximité et marque ce petit bout de "territoire français". Nous sommes presque à la maison sur ce bout de cailloux battu par les vents du Nord.

 Vous allez me prendre pour une âme sensible mais il est difficile de ne pas avoir les yeux humides quand tu vois ces petites croix blanches se détacher sur cette mer grise. J’ai retenu le nom de Clovis Termelec  capitaine de la « Jeanne » bateau disparu en mer. Brrrr .

 Le temps de faire le plein et de manger un morceau histoire de recharger les batteries et de se réchauffer et nous voici partis à la recherche de notre dernier camping islandais. Il est déjà presque comble car évidemment tout ce petit monde va reprendre le bateau demain ce qui promet un joyeux bordel vers les 6h30 du matin, et encore une fois la douche ne sera qu’un souhait inabouti (Nous nous rattraperons sur le bateau).

 Pour l’heure, je suis dans la salle commune où il a fallu que je mette quelques tacles à la gorge pour pouvoir trouver une place. Les deux autres sont je ne sais où, sans doute en train de fureter pour trouver un endroit pour diner, car faire la cuisine ici reste totalement illusoire, il y a déjà la queue aux fourneaux à 17h30.

A force de patience nous avons réussi à trouver une place pour ne pas avoir à réintégrer nos tentes trempées. Un motard, (Vincent Fontaine) : je peux m’assoir avec vous ? Nous : Oui bien sûr avec plaisir. Ce gars a mon âge, 62 ans. Il n’est pas dans la démonstration de grande gueule. Inévitablement les premières questions arrivent: Qui es-tu ? d’où viens-tu, que fais-tu ? y es-tu ? louppppp.

 Non sérieusement ce gars habite Auxerre, il est chef de projet dans le secteur automobile ce qui lui laisse beaucoup de temps pour voyager. Il termine le séjour d’un mois en Islande où il a parcouru 6500 kms ( une paille). Nous échangeons sur les paysages, les difficultés des passages de gués et très vite nous allons comprendre que nous avons à faire à un cador, que dis-je, un seigneur, une épée. Le mec a parcouru la planète dans tous les sens et toujours tout seul. Et ceci depuis plus de trente ans.

 Il nous fait visionner des vidéos de ses voyages, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, sans oublier l’Afrique et tous les pays du Caucase. Il roule avec une Bmw de plus de 200 000 kms qu’il entretient lui-même. Il nous narre des galères mécaniques au fin fond de nulle part. Il est capable de réparer sa meule avec une peau de saucisson. Ce gars ne paye pas de mine et tu sens que ses récits sont authentiques. Au risque de me répéter, ce voyage nous aura fait rencontrer des personnages hors du commun.

 Alex : Mais tu voyages toujours tout seul ? Vincent : oui comme ça je suis peinard. Alex : mais en Afghanistan ? Vincent : bah pour le coup je n’avais plus de contact avec qui que ce soit, j’étais seul, pas de téléphone rien. Alex : et si tu tombes coincé sous ta meule? Vincent: bah faut pas tomber !!! Il nous fait voir le passage de la frontière et là, tu frissonnes, une vieille barrière, un militaire et derrière plus rien. Comme il dit : 3000 kms de ligne droite sur de la piste. Vincent : Tous les gens sont sympas, je ne fais que de belles rencontres. Il a dans son téléphone des portraits de gens rencontrés absolument magnifiques. Ce mec me scotche littéralement.

 Plus grand-chose à écrire ce soir il faut vite changer de pays.

Espérons que demain la mer sera calme.

A demain La biz

Jeudi 18 aout 500 mètres température mini 9 ° maxi 9°

 Comme prévu le camping est entré en effervescence assez tôt, vers les 5h45. Bruits de moteurs qui démarrent, campeurs qui courent de droite et de gauche sous une petite pluie qui ne facilite pas le rangement du barda. Chacun y va de sa petite astuce pour ne pas faire rentrer trop de flotte dans ses affaires. Aux conditions de rangement s'ajoutent le stress de l’embarquement et la bouillasse qui par les allers retours de ce petit monde commence à faire ressembler le camping à un champ de mines.

 Nous tentons de rejoindre la salle commune bondée comme à l’accoutumée pour essayer de quérir un peu d’eau chaude et grignoter un paquet de « petits princes » debout dans nos fringues de moto. Certes nous avons connu mieux comme petit déjeuner, mais l’aventure c’est l’aventure et avec l’expérience de nos trois mois de route et bien nous prenons les choses comme elles viennent en se disant que demain sera un jour meilleur.

 La douche ce matin ??? mais tu rêves. Ce sera bien au chaud sur le bateau.

En parlant de bateau, nous pouvons le voir accoster du camping, non seulement il est énorme mais le port d’embarquement se situe à proximité de nos tentes.

 Le long serpentin de véhicules prêts pour l’embarquement se dessine déjà depuis un bon moment. Pour les motos un raccourci est prévu et nous n’avons que quelques dizaines de mètres à faire pour nous retrouver au guichet d’embarquement, accéder à nos laissez-passer et nos clefs de chambre.

 Nous retrouvons à cet effet nos voyageurs de l’aller et notamment nos toulousains qui ont fait plus de 2000 kms dans ce pays en franchissant des gués que nous n’avons même pas osé prendre. Chapeau les gars.

 L’organisation danoise est au top, nous ne mettons que quelques minutes pour embarquer, guidés par des "gilets jaunes" (productifs ceux-là) qui canalisent le flot de motards tous les 10 mètres. Arrimage des meules, perception des affaires perso et direction la cabine qui pour ce voyage retour n’est pas munie de hublot, forcément c’est moins bien. 

La petite douche et les vêtements secs font un bien fou. Nous pouvons rejoindre le pont pour voir le bateau s’éloigner du quai et prendre la pleine mer avec 3 minutes d’avance. La sortie du fjord est tout aussi impressionnante que pour l’aller. Nous voyons une gangue de brume barrer la route comme pour empêcher le navire de continuer. La traversée de ce « nuage » est assez sympa car quelques timides rayons de soleil arrivent à le traverser. Nous scrutons avec une certaine appréhension les petites vagues qui commencent à se former à l’avant du navire, car nous avons encore en souvenir la «baston de l’aller». Bon il ne faut pas nier, le bateau bouge, mais c’est plus un roulis qu’autre chose, c’est donc assez supportable et ça ne t’envoei pas valdinguer contre les parois du navire.

 Le repas du midi arrive assez vite, même si nous sommes encore déroutés par ces changements d’heure dans tous les sens. J’ai trois heures différentes, celle du téléphone, celle de ma montre et celle de l’horloge du bateau. Au secours !!!!

Je ne vais pas vous rejouer l’ennui mortel de ce genre de traversée car le programme est le même : Sieste, films, bouffe et dodo.

 Nous retrouvons pour le repas Vincent Fontaine qui n’est pas avare d’anecdotes. Ce mec est incroyable, il a du faire le tour de la planète au moins trois fois.

Vincent : en 1983 je voulais partir en voyage au cap nord mais comme ma moto avait plus de 300 000 kms et que je n’étais pas certain de sa viabilité et bah j’ai pris mon scooter 125 cm3 pour y aller.  Heu, les bras m’en tombent.

 Le tangage continue de plus belle mais nous berce et la nuit sera calme avec un arrêt sur les îles Féroé comme pour l’aller. Petit dej (oui ce coup-ci je peux) avec une tonne de pancakes et pour l’heure nous sommes dans la bibliothèque du navire à essayer de tuer le temps et mine de rien de se reposer. Cette inactivité forcée devrait nous ravir, mais ça fait plus de trois mois que nous bourlinguons et ce changement de rythme nous déstabilise forcément.


Vendredi 19 aout 0 kms (1600 kms en bateau en milles je ne sais pas) température froide mais soleil toute la journée

 

Hou !!! que la journée fut longue. Merci à Netflix de m’avoir tenu compagnie. Heureusement la mer a été calme et nous l'avons regardée défiler sous nos yeux pendant de longues heures. Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde. La seule distraction ce sont les repas en présence de notre nouveau copain Vincent.

 Avec lui pas besoin d’allumer la télé. C’est une encyclopédie du voyage à lui tout seul, un hyper actif de très haut de gamme, pourtant il ne s’agite pas frénétiquement. Vincent te raconte dans un calme olympien qu’il à couru pendant 46 heures en faisant le tour du mont blanc après avoir donné un de ses reins à son neveu dialysé, qu’il a descendu quelques fleuves français en kayak sans aucune expérience, sanctionné par une vilaine blessure. Il t’explique sa garde à vue dans le désert de Lybie, son face à face avec le flingue d’un militaire un peu trop zélé, les pannes avec ses motos hors d’âge qu’il réussit toujours à remettre en route avec les moyens du bord. Nous avons passé une soirée à boire ses paroles et ses projets de randonnées à skis et raquettes au canada pour les mois à venir, etc, etc... Ce mec n’arrête pas une minute. Bien sûr comme il a peur de s’emmerder il retape également une vielle deux CV (de la grosse restauration). Ce que j’ apprécie chez Vincent c’est son côté « je me la pète pas ». Il fait les choses un point c’est tout. Je pense que sa philosophie c’est : je me lance et on verra bien.

Merci à lui pour ces récits et bonne route. Vincent, crois bien que si nous passons par Auxerre et que tu es chez toi (ce qui est peu probable) et bien nous viendrons te saluer.

Je suis à nouveau dans ma couchette après une bonne douche et je sens que Netflix va m’accompagner dans les bras de Morphée.

 

A demain. La Biz



Samedi  aout 168 kms  Température mini 17° maxi 24°

 

Pas même un petit clapot pour nous bercer, c’est un scandale appelez-moi le capitaine. Nuit calme (je crois que c’est le nom d’une tisane). Bon il faut se lever, mais quelle heure avons-nous? Nous sommes complètement paumés. Dans le doute nous sautons du plumard de peur de rater les pancakes. Ce matin c’est « royal au bar ». La mer est lisse comme la peau d’un cul de bébé, il fait soleil et le petit dej veut bien rester dans nos estomacs.

Encore 2  heures d’attente avant l’ouverture des soutes et la récupération des machines. Je suis toujours surpris de voir les gens s’agglutiner dans les couloirs qui descendent à la cale bien avant l’heure du GO. C’est le même phénomène quand tu prends l’avion, les gens restent debout dans le couloir avant l’ouverture des portes comme si le zing allait repartir avec eux à l’intérieur. C’est étonnant ce mouvement humain irraisonné.

 Ça y est nous sommes dans la cale et étant un garçon bien organisé, je n’ai pas besoin de beaucoup de temps pour remettre mon paquot en ordre de marche, ce qui me permet de mater tous azimuts et de me régaler en détaillant les manies des nombreux motards qui remettent de l’ordre dans leurs affaires.

Pour preuve ce couple d’autrichiens (je crois). Madame est pouponnée comme si elle allait bosser, cheveux bien tirés sur une natte digne de Marie Hingals (cf la petite maison dans la prairie), petites boucles d’oreilles, rouge à lèvre. Pendant qu’elle rajuste son tour de cou semblant sortir de la machine, son mari au jeans impeccable et au rasage frais réajuste son sac Vuitton avec des sangles immaculées. La moto bien évidemment est rutilante. Mais Merde y font comment ces gens-là ?  je regarde la moto de Malik couverte de boue, sur son paquetage qui dégueule de partout, tu peux voir pèle-mêle une serviette de bain qui essaye désespérément de sécher depuis 15 jours, une paire de tong mycosée et une gamelle qui n’a pas vu le paic citron depuis une éternité.

 De mon côté, même si tout est plus ordonné c’est l’état global de la machine et du bonhomme qui laisse à désirer. Je me demande comme je vais réussir à me débarrasser des traces des trois mois de périple sur mes fringues.

Ça y est le top départ est donné par les messieurs en jaune. En quelques secondes, la centaine de moto met le contact en même temps, le vacarme résonne de folie dans cet immense hangar en tôle. Vite, sortir de cet endroit stressant et retrouver la lumière du soleil.

Hooooo q’sest bon. Le soleil te flash la visière instantanément, tu sens l’air frais sur le visage et surtout et surtout !!!! la chaleur. Ho oui du degré, qui n’en veut du degré ??? moi moi j’n'en veux du degré. Il fait 17°, ça te réchauffe instantanément, tu frissonnes de bonheur.

Nous prenons la route immédiatement direction plein sud pour deux jours de « roulage » au Danemark.

La température monte encore, nous sommes à 24 degrés. Nous avions totalement oublié ce plaisir de rouler par cette température. Un arrêt s’impose pour enlever les couches de vêtements superflus, le tour de cou qui te gratte depuis une éternité. J’ose même retirer la face avant de mon casque amovible pour rouler en Jet et enfin sentir le doux vent sur mon visage.

 Il est déjà tard dans la journée à cause des deux heures de décalage horaire. Cette étape sera donc courte. Nous profitons de l’arrêt de midi (en fait à 14h30) pour manger un morceau et de ce fait stopper dans une ville où nous retrouvons les gars en short, les femmes en petites jupes et tout le monde aux terrasses des cafés avec une ambiance de week-end (ça tombe bien nous sommes samedi).

Terminé les gens en Helly Hansen qui courent s'abriter pendant les averses. Je garderai un excellent souvenir de L’Islande pour ses paysages à couper le souffle, mais pas pour sa météo, et encore nous avons été chanceux.

 La route Danoise nous emmène vers le sud. Il faut savoir que ce pays est l’un des plus plat du monde, alors je ne vous fais pas un dessin sur la monotonie de la route. Je suis un peu sévère car pour justement éviter cet itinéraire soporifique, nous décidons de couper à travers la campagne qui pour le coup est une copie conforme de ce que nous pourrions voir en France. Les moissons battent leur plein. Oui pour des raisons climatiques il y a un décalage de 1 à 2 mois par rapport à notre pays.

 Petit point sur le Danemark

 Ce pays se bat avec la Finlande pour être l’endroit où la population est la plus heureuse au monde. C’est un tout petit pays, mais si nous lui rajoutons le Groenland et les iles Féroé (qui leur appartiennent) il devient un pays bien plus important que le royaume de France. Son économie est en béton. Par contre il a le taux d’imposition le plus élevé au monde (50%) mais 80% des Danois en sont satisfaits. La couverture médicale est aussi performante que celle de notre pays (qui est lui aussi un des meilleurs au monde). Ce pays produit 3 fois plus de céréales qu’il ne peut en consommer. Il est à la pointe en matière d’écologie. J’arrête la, mais allez faire un tour sur Wikipédia.

 Il fait vraiment bon se balader dans les pays scandinaves. Pas de racailles, pas de cités, pas de police non plus. Tout ce petit monde se gère gentiment. D’accord ils se mettent des « races «  tous les Samedi, mais bon il faut bien que le corps exulte (cf Jacques Brel).

Le camping Danois nous accueille gentiment (forcément), tout est propre et calme. Le plantage de tentes se fait sous le regard curieux de tous les petits vieux venus passer le week-end au vert. Nous sommes en  quelque sorte le Jean-Pierre Foucault de 18H. Petite douche et Gazz pour aller trouver de quoi se « caler la dent creuse » en ville.

 Mais? mais? ils sont tous morts mon colonel (cf rambo I ), pas un chat dans les rues, il est à peine 20 h et la ville est déserte, tout est fermé, ça fait flipper.

Forcément, même au bout du monde, il y aura toujours un Kebab d’ouvert et c’est bien sûr là-bas que nous échouons pour un  « salade tomate oignon sauce blanche ».

La nuit tombe vite maintenant et le retour se fera à la bougie (Non je déconne j’ai la lumière sur mon vélo). Le camping est maintenant dans le noir et le silence complet. Je tape ces derniers mots de la journée à la lueur de mon clavier (et ça c’est vrai).  L’humidité vient de tomber et le ciel est constellé d’étoiles. Espérons que ce sera de bonne augure pour la journée de demain qui va nous emmener vers un nouveau pays, l’Allemagne.

 A demain La Biz

 

Dimanche 21 aout 410 kms Température mini 15° maxi 25,5°

 Qu’il est bon de se réveiller en sentant les rayons du soleil te caresser la « couenne ». Allez ce matin j’ose les tongs qui n’ont pas vu le jour depuis des lustres. Les potos dorment encore, j’en profite pour faire la gym matinale et faire le tour de la moto histoire de la checker la pauvre. Elle fait pitié, mais je suis certain qu’elle ne m’en veut pas. J’avais passé un deal avec elle : je t’emmène dans les plus beaux endroits d’Europe par contre ça ne sera pas forcément le karcher tous les jours.

Mon radar anti flotte se met en route, le ciel est pourtant encore bleu mais je vois au loin des nuages que j’ai appris à déchiffrer et ils sont annonciateurs de pluies.

Moi : Heu les gars je ne voudrais pas vous angoisser mais je pense qu’il ne va pas tarder à « vaser ». Eux :Ho cool on va déjeuner et nous verrons après.  Moi : Bon comme vous voulez, mais moi je plie les gaules maintenant.

 Tiens tiens le ciel devient noir et les premières gouttes commencent à s’écraser sur les paquots disséminés sur la pelouse du camping. Ça sent pas bon l’histoire. Ça y est sur l’échelle de la drache nous sommes sur un bon 5 sur 10.

En bon copain, je suis parti me réfugier à la réception du camping bien au sec afin de pianoter sur fesse bouc. Fallait m’écouter, je suis infaillible sur l’arrivée de la pluie.

 Les premiers tours de roues en direction de l’Allemagne se font donc sous une pluie soutenue mais assez tiède. Elle nous accompagnera pendant une bonne heure, mais on s’en fout nous sommes devenus imperturbables face aux éléments. Rien à dire sur la route, elle est monotone et sans intérêt. Les kms défilent dans un pays vide de ses habitants. Nous sommes dimanche ce qui explique cela.

 La frontière Allemande est à portée de mains, je la devine aux noms des villes qui s’affichent sur mon GPS. Terminé les O barrés et les A avec un point.

 L’Allemagne : j’ai passé un an en colonie de vacances payée par le gouvernement à une certaine époque. Plutôt de bons souvenirs en fait. Logé, nourri, blanchi et même payé que demande le peuple. Bon le kaki ne convient pas bien à mon teint, alors un an a suffit.

La traversée des villes et villages n’a rien de transcendant. Nous sommes revenus sur des standards que nous connaissons, déjà des tags garnissent les murs et les ponts environnants. Les trottoirs ont à nouveau des touffes d’herbes et les sacs plastiques sont présents un peu partout.

 Le camping derrière le IKEA près de Hambourg ne restera pas un souvenir impérissable. Pour preuve le distributeur de boules Quies à la réception présage d’une nuit mouvementée au bord de l’autoroute.

Le restaurant grec trouvé au bout d’une impasse fera bien l’affaire pour cette fin de journée. Il fait encore bon ce qui permet de diner dehors. Voilà pour cette fin de journée qui ne sera pas la meilleure de notre périple.

A demain. la biz



Lundi 22 aout 500 kms Temperature mini 22° maxi 29,5°

Les boules Quies étaient bien une obligation, mais bon une fois bien en place et le sweet shirt correctement enrubanné autour de la tête la nuit peut effectivement paraître correcte.

 Petit déjeuner pris à la réception du camping. Cookies au goût de poussière, jus d’orange en berlingot dont tu n’arrives pas à percer l’opercule sans en foutre partout et machine à café qui une fois te délivre le café sans le gobelet et une fois uniquement le gobelet sans rien dedans, mais dans cet ordre là et bien justement ça n’a pas de sens (c’est du Raymond Devos).

Bon, aujourd’hui il suffit de ne pas mollir car une grosse étape nous attend et visiblement sur des routes qui ne vont pas nous faire frémir. Bah devine Evelyne? Nous commençons par la traversée de Hambourg qui soit dit en passant est l’un des plus grand port de commerce d’Europe. Le début de la traversée est plutôt sympathique et à mon grand étonnement les bombardements des forces alliées pendant la seconde guerre mondiale ont laissé encore quelques monuments debouts. Pourtant mon père qui avait eu le « privilège » de passer plusieurs années comme STO. (GLOSSAIRE : Service du Travail Obligatoire) là-bas racontait que les « carpet bombing » des superforteresses américaines allumaient de sacrés incendies pratiquement tous les soirs. Il y a peut-être un intérêt a y passer un peu de temps, mais pour nous ce sera un autre jour car la route n’attend pas. Enfin si. Elle va attendre un peu car pour sortir de cette immense ville c’est un peu la galère. Entre parenthèses chapeau à Alex qui avec l’aide du GPS arrive à nous guider.

 Nous passons sur un immense pont à une hauteur vertigineuse et qui donne une vue incroyable sur le port. Oui cette ville n’est pas située immédiatement au bord de la mer, mais un très large estuaire permet aux porte-containers de venir accoster en pleine ville.

Des containers il y en a des millions à perte de vue, c’est inimaginable et je comprends un peu mieux que parfois tu ne reçoives pas ton colis Amazon dans les temps. Mais comment font-ils pour s'y retrouver dans un dédale pareil? Les grues de chargement sont par dizaines alignées comme à la parade. C’est un spectacle grandiose.

L’autoroute est enfin en vue et la centaine de kilomètres que nous allons emprunter n'est pas non plus une partie de plaisir. D’une, parce que nous sommes en pneus tout terrain qui font un « barouf » d’enfer, et de deux, je n’ai plus l’habitude de rouler à ces vitesses là, et enfin, tu as en permanence des grosse berlines allemandes qui te collent au cul ou qui déboulent dans ton dos à des vitesses stratosphériques.

Heureusement un peu de répit avec quelques routes de campagne qui n’amènent rien de nouveau en terme de paysage mais qui ont au moins l’intérêt de te faire voir autre chose que des rails de sécurité. La température va en grandissant et ça aussi nous avons perdu l’habitude. Même si c’est plus agréable que la pluie, ça rajoute rapidement à la fatigue. Les kms défilent et le mal au cul lui aussi oublié se rappelle à ton bon souvenir (La peau de renne commence à se tasser).

Un grignotage vite fait sur le gaz vers les 15h30 permet de rompre la monotonie du voyage, de faire prendre l’air à la bestiole et de boire un bon coup (du grand classique). Les pays bas ne sont pas encore à portée mais nous nous en rapprochons. Nous profitons de cet arrêt pour faire une vacation téléphonique avec nos hôtes, histoire de leur donner l’heure approximative de notre arrivée.

Bim !!! un drapeau Hollandais planté dans un jardin nous indique que nous sommes en pays Batave. Mais rien de plus, pas même une guérite ou un simulacre de barrière. Les innombrables feux tricolores deviennent un peu agaçant et rajoute à l’épuisement. 

Heureusement, ce soir nous sommes invités dans la bourgade de Hertogenbosch. Pas de camping à chercher, pas de montage de tente et la perspective de passer une super soirée avec des amies que nous n’avons pas revues depuis près de 40 ans.

 Noor et Carla sont là à nous attendre au bas du petit immeuble. Les embrassades sont chaleureuses et l’accueil tout autant. Nos effets sont déballés au strict minimum pour ne pas trop encombrer l’appartement. Qu’il est bon de s’assoir dans un canapé après une petite douche, un verre à la main. Les souvenirs et les photos volent dans tous les sens. C’est comme si nous ne nous étions pas quittés, chacun raconte sa vie, heureuse ou moins heureuse. Les photos des enfants et des petits enfants circulent de mains en mains. Ça y est nous avons 20 ans !!!

 Ce soir c’est restaurant pour nous changer des pizzas, kebabs et autres hamburgers. Nous nous laissons guider dans la ville, ça fait un bien fou. Il fait bon, le short et les tongs sont à nouveau de sortie. 

A paris, il y a la rue de la soif! A Hertogenbosch il y a  la rue de la faim. Une multitude de restos avec terrasse à l’extérieur où nous allons nous vautrer sur des canapés pour continuer une soirée « remember ».

Nous aurions pu passer la nuit comme ça, malheureusement nos hôtes ne sont pas encore à la retraite et pour elles demain c’est « arbeit ».

C’est donc assis dans le canapé que je rédige les mots qui vont clôturer cette journée.

Demain nous prendrons la route de Rotterdam où un nouveau ferry nous déposera chez nos « meilleurs ennemis » ...




A la semaine prochaine. La Biz


RENARD DES SABLES

 

 

 

Commentaires

  1. Noor et Carla !!! Comment dire... ça fait loin dans le rétroviseur !!! Le chemin du retour ne vous arrête pas vers Bonnal 😉 bon courage les gars pour ces dernières semaines. La bise. Los Molinos

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    1. Juste 40 ans ? Nous avons tous bien vieillis l'aventure continue encore 15 jours et ce sera le retour au pays. Hâte de tous vous revoir. Pour l'heure nous sommes sur l'ile de Man en Irlande Bisous

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  2. Tes récits vont nous manquer ! Chaque semaine je me régale
    Bonne route pour la suite
    Bises à vous 3 Edmonde

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    1. Ho mais ce n'est pas fini et il y aura un épilogue qui risque d'être assez long pour le moment nous sommes sur l'ile de Man en Irlande la Mecque du motard et hasard fabuleux il y a une course demain la chance, toujours la chance gros bisous ma cousine.

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  3. Encore une étape saisissante pour les derniers jours en Islande! On se régale à la description des cascades (Indiana Jones n’était pas loin) et des superbes icebergs très bleus. On attend des nouvelles de Grande Bretagne, moins « exotique » certes mais toujours très dépaysante… d’ailleurs les « bikers » adorent les « cups of tea » avec un nuage de lait 😇 est-il n’est-il pas …. Bonne ballade à tous et surtout on veut des photos avec vous trois en Kilts 🤭sur vos mobs eV, Phil et Den

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  4. Salut les amis,
    Petites nouvelles de Vincent.
    Je suis rentré d'un trait en France à la sortie du bateau. Le temps de vider la moto et je reprenais le boulot le mardi. Plus pour très longtemps car en préretraite en octobre. Je vais pouvoir commencer à voyager sérieusement ;)
    J'ai commencé à désosser la GS pour une inspection d'hiver. Donc si vous passé par Auxerre, y de la place pour loger tout le monde.
    Bonne fin de voyage.

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  5. Hello Vincent ravis d'avoir de tes nouvelles . nous sommes actuellement sur l'ile de Man ou nous avons assisté à une course de moto fantastique. Demain nous partons pour l'Irlande. A bientôt j'espère

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  6. Merci pour tes récits Bernard , ils auront rythmés mon été et c’était vraiment sympa 👍
    Tu devrais penser à écrire tes mémoires maintenant que tu es à la retraite 😉
    La bise à tous les trois , Aglae

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  7. Coucou ma belle désolé pour ma réponse tardive, mais il fallait que je trouve une connexion internet viable pour envoyer la réponse. merci à toi d'avoir pris la patience de me lire. Effectivement le voyage touche à sa fin. Il reste encore une grosse dizaine de jours avant notre retour dans l'hexagone Gros bisous et à bientôt j'espère.

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